Aux Portes de l'Imagination

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Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Lun 11 Nov - 20:18

Tandis que son grand frère était testé par le maître analyste, la petite fille se dirigea vers les curieux tableaux qui tapissaient les murs de la pièce. Elle les observa un instant en silence, puis se tournant vers sa mère, elle demanda :

- Dis maman, c’est quoi ces drôles de tableaux ? Ils sont tous pareils et pourtant ils sont tous différents.

La jeune femme contempla sa fille avec un sourire de fierté et un regard plein d’amour, puis lui ébouriffa tendrement les cheveux et répondit :

- Il y a deux réponses à ta question. Comme pour toutes les questions. Celle du savant et celle du poète. Laquelle veux-tu entendre ?
- Les deux, répondit vivement la petite tandis qu’un sourire heureux naissait sur son visage.
- Laquelle en premier alors ?
- Celle du savant, choisit la fillette après une courte hésitation.
- Chaque tableau illustre la personnalité d’une personne brillante. Le cercle rouge que tu vois ici représente la Volonté, le cercle bleu, là, la Créativité, et le cercle jaune le Pouvoir. Chaque être humain possède en lui ces trois éléments, mais en quantité variable. La taille, la position et l’agencement de chaque cercle diffère selon les personnes, et correspond à la manière de chaque dessinateur de se représenter les Spires et de s’y déplacer. Cela symbolise le don de chacun. Ton frère est actuellement testé pour connaître son don.
- Tu dis que tout le monde possède ces ronds. Donc moi aussi ?
- Oui bien sûr.
- Pourquoi je ne fais pas le test aussi alors ?
- Parce que tu es trop jeune.
- Je ne comprends pas, répondit la petite fille en fronçant les sourcils.
- Le don met quelques années à s’installer. Tu l’as déjà au fond de toi, mais il faut qu’il se développe un petit peu pour qu’il puisse apparaître sur le tissu en velours blanc.

La fillette reporta son attention sur les tableaux, puis après quelques minutes de réflexion, montra du doigt l’un d’entre eux, et demanda à nouveau :

- Celui là c’est qui ?

La mère se pencha, et lut le nom écrit au-dessous à haute voix.

- C’est celui de l’empereur Sil’Afian.
- Et ça signifie quoi ?
- Cela montre que l’empereur avait une Volonté considérable, et un Pouvoir fort, mais qu’il manquait de Créativité. Tu vois le cercle bleu est tout petit par rapport aux autres, et est placé sur le côté.
- Et toi, maman tu as été testée ?
- Oui ma chérie.
- Et papa aussi ?
- Oui lui aussi.

La petite fille observa à nouveau quelques tableaux avec un intérêt accru, puis elle se souvint qu’elle avait encore une question.

- Et la réponse du poète, c’est quoi ?
- Viens t’asseoir à côté de moi, je vais te raconter une histoire.

Un large sourire éclaira le visage de l’enfant. Elle adorait les histoires ! Surtout celles que lui racontait sa maman, avec sa voix toute douce.

- La légende raconte que jadis vivaient trois jeunes sœurs, dans une contrée lointaine, bien au-delà des frontières connues de Gwendalavir. Plus belles et plus puissantes les unes que les autres, elles avaient pour mission sacrée de veiller sur l’équilibre du monde.

La première, une superbe blonde au regard d’or, s’appelait Ryoku. Ambitieuse, curieuse et espiègle, elle affectionnait lancer des défis à ses sœurs, et se chamailler pour savoir qui avait gagné.
La deuxième portait le nom de Sōzō-sei et avait des yeux émeraude, dont la pureté était encore rehaussée par le pourpre flamboyant de ses cheveux. Sa sagesse et son courage n’avaient d’égal que sa persévérance, et elle se faisait un devoir de protéger ou raisonner ses sœurs, parfois envieuses de l’étendue de son savoir.
Enfin, la troisième, Kiryoku, était une jeune fille franche, volontaire, assoiffée de liberté. Créative dans l’âme, elle adorait les arts et usait de son imagination débordante pour créer mille et une choses, pour le plus grand bonheur de ses sœurs. Elle arborait un regard saphir envoûtant, rappelant irrésistiblement la majesté de l’océan, et une chevelure d’ébène scintillante, aux reflets bleus argent.
Pour mener à bien leur mission, chacune d’entre elle possédait un pouvoir bien précis, symbolisé par un magatama qu’elles portaient autour du cou.

- Comme mon pendentif ? interrompit la petite fille, en examinant le fin bijou en lapis-lazuli accroché à son cou.
- Exactement, comme ton pendentif, répondit-elle.

L’ainée des sœurs, Sōzō-sei, était la plus courageuse et la plus sage. Elle possédait une volonté extraordinaire, et ne baissait jamais les bras. En outre, elle avait le pouvoir de commander les êtres, en leur insufflant courage et espoir. Son pendentif avait des couleurs changeantes, rappelant celles du Feu divin dont il était issu.
Ryoku était la plus puissante des trois. Sa force inégalable permettait aux sœurs de résister aux assauts incessants des forces du Mal. Son magatama avait été taillé dans de l’or brut et resplendissait de milles feux.
Enfin, Kiryoku était la plus imaginative. Sa créativité et son intuition lui permettaient d’élaborer de savantes tactiques pour combattre le Mal, et pousser ses armées dans leurs derniers retranchements, en exploitant leurs failles. Son pendentif était un merveilleux diamant bleu aux milles reflets.
Grâce à leurs pouvoirs considérables, elles parvenaient à maintenir l’équilibre, et empêchaient le Chaos de submerger le monde. Mais pour cela, elles devaient en permanence unir leur puissance, car séparées, leurs capacités s’affaiblissaient. Pour ne jamais oublier cette nécessité, elles créèrent un magatama noir, reflet de l’association de leurs trois pendentifs et symbole de leur union.

Les millénaires s’écoulaient donc les uns après les autres, et ni le Bien ni le Mal ne parvenait à l’emporter définitivement. Mais un jour, les forces du Chaos imaginèrent une nouvelle stratégie, et entreprirent de trouver le domaine sacré où vivaient les sœurs pour leur arracher leurs pouvoirs et leurs magatamas.

- Elles vivaient où ?
- Dans un jardin merveilleux. Là bas, les fleurs ne fanaient pas et embaumaient l’air de parfums enivrants, les arbres produisaient des fruits délicieux, et les ruisseaux étaient de miel. Des oiseaux de toutes les couleurs chantaient des mélodies magiques qui rendaient heureux ceux qui les entendaient.
- Ce jardin était en Gwendalavir ?
- La légende ne le dit pas. Cependant, nombreux sont ceux qui ont voulu le découvrir, et ont cherché des indices. Certains sont arrivés à la conclusion qu’il se trouvait sur une île très lointaine du Grand Océan du Sud, d’autres sont convaincus qu’il est caché bien au delà de la forêt d’Ar, ou même dans une autre dimension. Toujours est-il que le Mal crut l’avoir découvert, et y envoya ses soldats les plus féroces. Mais les sœurs avaient eu vent de la manœuvre, et elles s’enfuirent. Et lorsque le Chaos arriva dans le domaine sacré, il ne restait plus personne.

- Bien fait pour lui ! sourit la petite.
- Oui ! Mais cet échec n’en était pas totalement un, puisqu’il avait trouvé la cache des sœurs. Il se lança donc à leur poursuite, et les sœurs durent une nouvelle fois se déplacer.
- Mais pourquoi elles n’attendent pas les méchants ? Elles pourraient les battre !
- Oui, mais elles courraient le risque que l’une d’entre elles se fasse tuer. Or rappelle-toi, elles doivent rester unies pour pouvoir vaincre le Mal.

La fillette hocha la tête en silence.

- Donc les sœurs s’enfuirent à nouveau. Mais le Chaos, conscient que c’était là leur seule chance de triompher, voulait à tout prix les retrouver, coûte que coûte. Dès lors, il n’eut de cesse de les pourchasser.  
- Qui gagna à la fin alors ?
- Personne ne le sait. Certains racontent que pour échapper au Mal, les trois sœurs gagnèrent le ciel et se transformèrent en trois astres : la Lune, le Soleil, et l’étoile polaire. D’autres avancent qu’elles ne furent jamais rattrapées et que la poursuite dure encore. Mais la version la plus répandue est que lassées de cette fuite sans fin, elles choisirent de disparaître de la surface de l’univers connu.

La petite fille fronça les sourcils, signe d’une intense concentration. Sa mère la laissa réfléchir sans un mot, attendant patiemment le fruit de sa réflexion.

- Mais… si elles ont disparu, alors notre monde n’est plus protégé…
- Pourquoi dis-tu ça ? interrogea la jeune femme pour permettre à sa fille d’approfondir sa pensée.
- Parce qu’elles sont parties avec leurs pouvoirs donc il n’y a plus personne pour protéger les humains.
- Tu as totalement raison ma chérie. Mais la plupart des gens aujourd’hui pensent que, pour ne pas abandonner notre univers, elles cachèrent les magatamas dans quatre lieux sacrés, pour que seuls les êtres les plus purs et les plus courageux puissent un jour s’en servir pour protéger la planète. Mais personne ne les a jamais découverts. En outre, la légende raconte que pour permettre aux hommes de combattre à l’avenir le Mal, elles instillèrent en chacun un peu de leurs trois pouvoirs. Ces cercles sont donc l’héritage que nous ont légué les trois sœurs.

L’enfant sourit. Elle aimait bien la réponse du poète.
Puis elle se détourna, semblant brusquement se désintéresser de la conversation pour observer un papillon aux ailes dorées butinant les fleurs mauves qui s’épanouissaient sur le rebord de la fenêtre.
~¤~

Les temps ont passé. Aujourd’hui, cette ancienne légende a totalement sombré dans l’oubli, et rares sont ceux qui en conservent quelques bribes au fond de leur mémoire. Après tout… une légende n’est qu’un récit né de l’imagination débordante de son auteur, n’est-ce pas ? …

Quelques siècles se sont écoulés depuis la libération des Spires par la talentueuse dessinatrice Ewilan Gil'Sayan, fille d'Élicia et Altan Gil'Sayan, et ses amis, et depuis la destruction de l’Autre.
L’empire de Gwendalavir vit des jours paisibles, malgré les querelles incessantes entre les Alaviriens, et les Raïs. La vie aurait peut-être pu suivre tranquillement son cours.
Cependant…

La fureur gronde dans le cœur des hommes et des bêtes. Jadis étouffée par la grande guerre, elle ne trouve plus aujourd’hui d’échappatoire, et la soif de conquête tapie en chacun reprend peu à peu du terrain. De folles rumeurs courent au sujet d’une éventuelle survie de la race des Ts'liches. Des hommes en auraient découvert aux confins du royaume Raï, dans les îles des Nimurdes, ou au-delà des marches du Nord…
On raconte même que certains d’entre eux auraient trahi leurs semblables pour s’allier à leurs ennemis de toujours…

Mais deux autres menaces couvent encore… Bien plus dangereuses… Bien plus redoutables…
Les Sept Familles, qui étaient parvenues à unir leurs forces pour vaincre l’Autre, se sont à nouveau divisées, et chacune rêve de rasseoir leur ancienne domination sur les autres…
Enfin, le bruit court qu’un homme est parvenu à retranscrire un ancien parchemin, relatant la légende des trois sœurs et leur dernière cachette connue. Cet homme est capable de tout pour servir son ambition, et sa folie n’a d’égal que sa soif de domination… Et cet être n’est autre que le dernier descendant d’Ahmour…

Se pourrait-il que la légende soit vraie…?



----------------------------------------------

C’est dans ce contexte que débute notre histoire. Vous pouvez avoir autant de personnages que vous voulez. Cependant, pour ne pas compliquer trop les choses, essayer de vous limiter à quatre ou cinq au tout début, les autres arriveront ensuite.  

Fiche Rp :

Nom :
Prénom :
Race ou peuple :
Age :
Famille(s) :
Arme(s) :
Description physique :
Caractère :
Histoire :
Particularités : (facultatif)
Image :

Races et peuples :
Vous pouvez incarner toutes les races et les peuples connus dans l’univers de Gwendalavir : Ts’liche, Raï, Humain, Petit, Faël, Goule, Bruleur, Im, Groen, Marcheur, Dame, Chuchoteur, Dragon, Gommeur, Iaknill, Ogre, Siffleur, Tigre des prairies, etc…

Familles :
Chaque personnage humain doit obligatoirement appartenir, au minimum, à une Famille, et celle-ci doit être citée. En revanche, vous n’êtes pas obligés de dévoiler tout de suite les autres liens sanguins que vos personnages possèdent, c’est à vous de voir. La raison principale de cette obligation est qu’une guerre est en train d’éclater entre les Familles, et qu’il vous faudra choisir un camp. A vous de voir lequel : celui d’une seule Famille, de plusieurs, aucun… !
/!\ Les Bâtisseurs et les Guides sont les seuls à pouvoir dessiner. Les Guérisseurs sont des Rêveurs. Les autres formes de dessins (sculpteurs de branches, navigateurs, attrapeurs de songes, et autres que vous pourrez inventer si vous le souhaitez) peuvent être pratiqués par toutes les Familles. Si vous inventez une forme de dessin, vous devez impérativement rester cohérent avec l’univers de Gwendalavir.
En outre, la puissance des capacités de chaque personnage est étroitement lié au niveau de dilution des liens du sang. Ainsi, un personnage ayant un lien très dilué avec la famille des Bâtisseurs (ou des Guides) ne pourra exploiter que faiblement sa capacité de dessin, et pourra juste réaliser des dessins très basiques. Vous pouvez choisir de divulguer ou non le degré de dilution des liens de parentés de vos personnages.

Rappel :

Les Cogistes : Courir plus vite, sauter plus haut, réfléchir plus profondément, comprendre avec plus de finesse, etc… Les Cogistes sont doués de capacités physiques mais aussi intellectuelles hors du commun.
Les Bâtisseurs : D'un naturel non violents, les Batisseurs possèdent le don de construire des édifices extraordinaires. Ils furent à l'origine de plusieurs chefs d'œuvres architecturaux. Ils ont notamment bâti la Maison dans l’Ailleurs et toutes ses portes, qu’ils sont les seuls à pouvoir verrouiller ou déverrouiller.
Les Mnésiques : Cette Famille bénéficie d'une mémoire encyclopédique et héréditaire. Les Mnésiques ont accès à la totalité des souvenirs de leurs ancêtres.
Les Scholiastes : Les Scholiastes ont la possibilité de recréer par mimétisme toute chose qu'ils ont vu auparavant (conduire une moto, pratiquer l'escrime, etc.). En revanche, ils n'ont pas le pouvoir de copier les capacités des autres familles.
Les Guérisseurs : ils ont deux pouvoirs distincts : la capacité d'auto-guérison ou la faculté de soigner les autres. Mais ces deux pouvoirs peuvent être assemblés.
Les Métamorphes : les Métamorphes peuvent prendre la forme d'un animal, pourvu qu'il ait à peu près leur volume ou leur taille, celui de leur choix. Puis au fur et à mesure qu'ils grandissent, ils ne peuvent prendre plus qu’une seule apparence, qui devient par contre plus puissante ;
Les Guides : les Guides distinguent les chemins du futur, plus ou moins nettement, et tentent d'amener les acteurs de ce destin dans la meilleure direction possible.


Guerres et conflits :
Des guerres et des conflits ont commencé à éclater un peu partout en Gwendalavir : entre les Alavariens et les Ts’liches / Raïs, entre les Marchombres / Dessinateurs et les Mercenaires du Chaos, entre les Familles, entre le Bien et le Mal…
Vous êtes totalement libres à ce sujet. Vous pouvez choisir un camp, puis le trahir, vous pouvez choisir d’être neutre et de le rester ou non, bref… tout est possible !  Vous pouvez par exemple être un Dessinateur qui choisit de s’allier avec les Raïs, et qui lutte en parallèle contre les Mercenaires du Chaos ; puis ce même Dessinateur peut trahir les Raïs et former un camp à part avec les Ts’liches contre le monde entier,…
En résumé, les complots, les alliances, les trahisons en tout genre seront légions, alors amusez-vous !

Vous l’aurez compris, l’objectif est de pouvoir profiter de toutes les possibilités immenses que Pierre Bottero nous offre avec son univers. Alors profitez-en, et laissez libre cours à votre imagination ! La seule condition étant de rester cohérent avec les règles et l’univers de Gwendalavir.
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Elawin
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Lun 18 Nov - 21:55

Allez hop ! Mon premier Perso, Shyna !


Nom : Nil' Lumen
Prénom : Shyna
Race ou Peuple : Humaine
Âge : 18 ans
Famille(s) : Dans ses veines, bien que fortement dilués, coulent les sangs des Bâtisseurs et des Métamorphes. En résulte un Don du Dessin très peu développé en plus d'être aléatoire, et une capacité de communication avec les Equidés qui rappelle de loin le chant Faël. De plus le sang des Cogistes est aussi bien présent, et explique ses capacités physiques remarquables.
Arme(s) : Le Sabre des Frontaliers, et un poignard.
Description Physique : Une courte crinière brune légèrement ondulée, un visage aux traits fins et un regard brun sombre où brûle souvent une flamme farouche, telle est Shyna. Depuis plus d'un an déjà, elle a troqué ses habituels vêtements de lin épais pour le cuir sombre des Frontaliers. Fine mais musclée, élancée mais solide, elle est de taille très moyenne mais c'est la souplesse de ses mouvements qui attire souvent le regard. Et gare à qui aurait la mauvaise idée d'approcher les mains d'un peu trop près...
Caractère : Farouche, tel est le premier mot qui vient à l'esprit lorsqu'on rencontre Shyna. Un mot auquel viennent se greffer d'autres, complémentaires. Volontaire, courageuse, loyale... Fragile. Fragile, c'est un adjectif qu'on ne peut lui attribuer qu'après avoir sondé son esprit, profondément, intensément. Son coeur est empli de doutes et cela en fait sa plus grande faiblesse, malgré son courage. Encore un peu trop impulsive, elle apprend lentement la sagesse...
Histoire : Résumer l'histoire de Shyna en quelques lignes est un défi difficile à relever. Fille du bras droit du Seigneur des Marches du Nord, elle est enlevée par des brigands alors qu'elle n'est qu'un bébé. Les brigands en questions sont ensuite décimés par les Raïs au Nord d'Al-Far, et elle est finalement retrouvée et adoptée par des fermiers vivant non loin des lieux du massacre. Elle grandit donc sous le nom de Poly Selann et, à quatorze ans, quitte la ferme familiale pour rejoindre Al-Far avec les Itinérants, dans le but de parcourir l'Empire et de découvrir ses véritables parents. Après avoir audacieusement gagné l'étalon noir qui l'accompagne, puis tutoyé la mort par excès de courage, après avoir été dupée et manipulée, elle a découvert sa véritable identité. Mais elle garde certaines blessures à l'âme, que seul Liam -le maître Marchombre qui l'accompagne désormais sur la Voie- saura peut-être guérir...
Aujourd'hui pourchassée par la Légion Noire pour un vol de Sphères Graphes qu'elle n'a pas commis, elle se retrouve entrainée bien malgré elle dans une nouvelle aventure, dont personne n'imagine encore la portée...
Particularités : Souffle, son étalon noir, semble être insensible au "chant Marchombre", qu'utilisent aussi les Mercenaires. Elle est Frontalière et Apprentie Marchombre.


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Nom : Haeln
Prénom : Liam
Race ou Peuple : Humain
Âge : 22 ans
Famille(s) : Cogistes et Métamorphes ont mêlé leurs sangs pour faire le sien. En résultent des capacités physiques impressionnantes...
Description Physique : Agile comme un fauve, la fluidité de ses mouvements ne nie en rien son appartenance à la guilde des Marchombres. Il est de taille moyenne, doté d'une musculature fluide et harmonieuse. Ses traits sont légèrement anguleux mais pas trop, et mettent en valeur la seule véritable particularité physique du Marchombre : ses yeux, d'un magnifique orange sombre. Si l'on vient à s'y perdre, ils donnent alors l'impression de pouvoir sonder votre âme jusqu'à la transpercer...
Caractère : Liam est calme et mystérieux. Ses relations aux autres sont toujours ambigües et il est difficile de savoir ce qu'il pense vraiment, ou s'il a réellement confiance en quelqu'un. Son camp ? Celui de la Liberté. Elle est ce qu'il y a de plus important à ses yeux et il supporte mal de la voir bafouée.
Histoire : Liam a perdu ses parents très jeune et a longtemps vécu sans attache, sans véritable ami. Un Maître Marchombre l'a pris sous son aile, protectrice bienveillante et presque maternelle. Elle n'a eu qu'à lui mettre un pied sur la Voie, puis à le regarder y progresser de façon naturelle, comme elle s'y attendait. Ils ont passé ensemble trois magnifiques années, mais c'est pourtant sans regret qu'à vingt ans, Liam est retourné à la Liberté et a volé de ses propres ailes. Pourquoi, dès lors, s'enchainer à Shyna pour trois années d'enseignement ? Lui-même ne saurait se l'expliquer mais la jeune frontalière a attiré son attention. Et puis de Marchombre à Mercenaire, il n'y a qu'un pas parfois trop facile à franchir... Il fait son possible pour que cela n'arrive pas à sa protégée.
Particularités : Il est le Maître Marchombre de Shyna. Bien qu'il puisse se transformer en puma à sa guise, seul son Maître Marchombre lui connait cette capacité.


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Nom : Nil' Lumen
Prénom : Nerel
Race ou Peuple : Humain
Âge : 23 ans
Famille(s) : Si tout comme Shyna il est lié aux Métamorphes, aux Bâtisseurs et aux Cogistes, seul le sang de ces derniers semble s'exprimer chez Nerel, ce qui fait de lui un combattant remarquable. Ni capacité animalière, ni don du dessin pour le jeune homme, ce qui s'explique peut-être par la provenance maternelle de ces deux sangs...
Description Physique : Ses yeux ne mentent pas : il est Frontalier et, plus que ça, il est le frère de Shyna ! Il partage avec sa petite soeur cette même flamme au fond de ses prunelles sombres, tantôt menaçante, tantôt malicieuse. Son sourire n'est pas facile à obtenir, ce qui est bien dommage... Solide, musclé, Nerel est taillé pour le combat et lorsqu'il croise des brigands, ce sont eux qui fuient.. à moins d'être suicidaires !
Caractère : Courageux et déterminé, il se montre parfois joueur, voire taquin, surtout lorsqu'il est entouré de l'une -ou de plusieurs- des trois jeunes femmes qui tiennent une grande place dans son coeur : Irylin, Tishyam et, bien sûr, Shyna. Sûr de lui au point de s'entêter même lorsqu'on lui présente des arguments pertinents contre son opinion, il sait toutefois admettre ses erreurs... Parfois un peu tard, peut-être. Protecteur envers ceux qui l'entourent, il se fait régulièrement remettre à sa place par Irylin... et par Shyna !
Arme : le Sabre des Frontaliers
Pouvoir(s) : /
Histoire : L'attaque dont sa famille a été victime lorsqu'il était enfant l'a marqué à jamais, et il n'a jamais pu oublier sa "faiblesse" de cet instant. C'est la raison pour laquelle il s'est entrainé sans relâche, afin de surpasser même les meilleurs combattants des Marches du Nord. Aujourd'hui dans la Citadelle, personne ne se risquerait à défier Nerel Nil' Lumen...
Elevé par un père sévère mais pourtant tendre, et par une mère un rien trop protectrice, il a pourtant très vite mûri, ses jeunes années ayant été bercées par les voyages de ses parents à la recherche de sa petite soeur. Lorsqu'ils se sont décidés à prendre le chemin du Kur N' Rai, lui laissant les responsabilités de la famille à la Citadelle, il n'a pas renoncé aux recherches au coeur de l'Empire...
C'est par le plus pur des hasard -et grâce au hennissement strident d'un étalon remarquable- qu'il croisera finalement Shyna, dans une ruelle d'Al-Jeit...
Particularités : Aucune connue.


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Nom : Sil' Meeril
Prénom : Tishyam
Race ou Peuple : Humaine
Âge : 22 ans
Famille(s) : Guide, Mnésique, Métamorphe, telles sont les influences qui coulent dans ses veines. Leur dilution étant modérée, la jeune femme est dotée d'une mémoire extraordinaire et d'un Don du Dessin très développé. Cependant, les traits liés aux Métamorphes ne semblent pas encore s'être révélés...
Description Physique : Un corps fin et délicat, des courbes harmonieuses, le tout souligné par une longue chevelure d'un beau blond vénitien et un regard couleur azur, Tishyam est une jeune femme ravissante, et elle le sait. Plus intellectuelle que sportive, elle ne représente pas l'archétype de la Frontalière et se situe bien loin de la légendaire Siam Til' Illan, mais cela ne lui pose aucun problème : elle a d'autres manières de se faire respecter.
Caractère : Autant le dire franchement : Tishyam a sale caractère. Au sein de la Citadelle, ses colères sont presques aussi célèbres que la maestria aux armes de son frère de coeur, Nerel. Sa noblesse comme son Don lui "montent au cerveau" de temps à autres, comme dit Irylin pour se moquer gentiment du comportement parfois hautain de la Dessinatrice. Ceci dit, elle est intelligente, et sait se calmer pour réfléchir lorsque la situation l'exige vraiment. Elle tempère parfois même Nerel, lorsque suivant son instinct, son frère de coeur est prêt à foncer sans plus attendre...
Arme : /
Pouvoir(s) : le Dessin, à un niveau élevé (elle est capable de faire un pas sur le côté sans difficulté)
Histoire : Testée à dix-sept ans, elle montre une réelle aptitude à parcourir l'Imagination, et c'est donc sur cette Voie qu'elle persévère. Depuis longtemps, elle est liée d'une amitié très forte avec Nerel, et elle le considère comme son frère -son frère de remplacement. L'arrivée de Shyna dans l'équation perturbe le bel équilibre qui s'était établi entre eux, et c'est en partie à cause de cela que les deux jeunes femmes auront beaucoup de mal à s'entendre...
Elle n'a pas revu sa famille depuis près d'un an, cependant elle "compense" avec ses amis à l'Académie et avec Nerel.
Particularité : Excepté son don du Dessin et son sale caractère, aucune particularité connue.


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Nom : Mehël
Prénom : Irylin
Race : Faëlle
Âge : 21 ans
Arme : un arc, deux poignards
Description Physique : De taille moyenne parmi son peuple, elle en a toutes les caractéristiques physiques : la musculature, la souplesse, l'agilité... Son regard doré pétille souvent de cette malice qui la caractérise, mais lorsqu'elle se fâche, il se fait tranchant et impressionnant. Ses cheveux, aussi sombres que son teint, lui permettet parfois de se fondre dans l'obscurité...
Caractère : Joueuse, vive d'esprit et très ouverte, Irylin n'a aucun mal à prendre les gens au dépourvu tant elle sait se montrer imprévisible. Loyale et fidèle, elle est très proche de Nerel et l'épaulera toujours... Sauf s'il venait à se fourvoyer, auquel cas elle ne manquerait pas de le rappeler à l'ordre de la manière qu'elle jugera appropriée, quitte à être brutale.
Pouvoir(s) : /
Histoire : Les voyages des parents de Nerel, et le goût de l'aventure d'Irylin, les ont amenés à se rencontrer lorsqu'ils n'étaient que d'intrépides adolescents. Entre défis insensés et cavalcades effrénées dans les plaines, ils ont tissé un lien plus solide que n'importe quelle amitié.
La jeune Faëlle a en effet quitté très tôt sa tribu natale pour parcourir le monde, avide de voyages et de découvertes. Elle n'en reste pas moins une vraie Faëlle, avec les mêmes valeurs que ses pairs.


Dernière édition par tapache le Dim 7 Sep - 16:58, édité 5 fois
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Mer 27 Nov - 20:19

Nom : Til’ Haran
Prénom : Eryn
Race : Humain
Age : 19 ans
Famille(s) : Les sangs de plusieurs familles coulent dans ses veines, et notamment celui des Cogistes, des Métamorphes, et des Bâtisseurs, à un niveau moyennement dilué. Eryn a donc besoin d’un minimum de concentration pour faire appel à ses dons.
Armes : un sabre dans le dos, ainsi que plusieurs poignards à lame d’argent.
Caractère : Indépendante, audacieuse, combative, Eryn est une jeune femme au caractère bien trempé, et imprévisible. Avide de liberté et d’aventures, elle a une fâcheuse tendance à n’en faire qu’à sa tête. Elle est malgré tout de nature assez réfléchie, et ne parle ou n’agit (presque !) jamais à la légère.
Description physique : Fine et élancée, Eryn est de taille moyenne, avec des cheveux auburn, qui encadrent un visage fin, et des yeux saphir. Son goût pour l’aventure a sculpté son corps musclé et souple.
Histoire : Sa mère est morte quand elle était petite. Son père, fou de chagrin, ne s’en est jamais remis et a élevé sa fille en la surprotégeant constamment, tout en étant incapable de lui résister très longtemps. Cependant, il a su lui transmettre les valeurs de son peuple, et Eryn est une Frontalière accomplie.
Particularités : C’est une Frontalière. Elle peut se transformer en aigle presque quand elle le souhaite. Isys, sa meilleure amie, lui a appris à grimper, et en retour, elle l’a initiée au sabre.


--------------------------------------
Nom : Eagle
Prénom : Isys
Race : Faël
Age : 21 ans
Arme : Un arc puissant, qu’elle a taillé elle-même, et une dague acérée.
Caractère : Isys est une jeune femme pétillante, sensible, enjouée et souriante. Sa finesse d’analyse, son humour ravageur, et sa droiture, en font une amie précieuse et loyale.
Description physique : Plutôt grande pour une Faëlle, elle possède des traits fins et un corps athlétique et élancé. Sa beauté est sans pareille, ses yeux en amande ont une couleur émeraude d’une pureté extraordinaire, et sa crinière de neige tombe en cascade sur ses épaules et dans son dos.
Histoire : Orpheline, elle a grandi au milieu de sa famille adoptive, un couple de commerçants alaviriens, qui habitent non loin de la citadelle des Frontaliers. Elle a beaucoup voyagé avec ses parents dans le cadre de leur activité, et a rencontré de nombreuses caravanes d’Itinérants. Elle n’a que peu de souvenirs de ses vrais parents, et ne se rappelle pas la raison de leur disparition.
Particularités : Elle possède l’agilité légendaire de son peuple et peut donc grimper quasiment n’importe où. Comme tous les Faëls, elle est également très douée à l’arc.


--------------------------------------
Nom : Sil’Meeril
Prénom : Nathaël
Race : Humain
Age : 19 ans
Famille(s) : Le sang de trois familles coule dans ses veines : Guide, Mnésique, Métamorphe. Peu diluées, leurs capacités s’expriment vivement chez Nathaël. Son Don du Dessin est donc extrêmement développé.
Armes : Le sabre des Frontaliers et une dague.
Caractère : Vif et intelligent, est un jeune homme curieux et courageux. Ami fidèle et loyal, il a un sens aigu de la justice, et de l’amitié. Il n’est pas rancunier mais il n’oublie jamais. Et quand bien même il le voudrait, son pouvoir de Mnésique l’en empêcherait. Cependant, la trahison est la seule chose qu’il ne saurait tolérer ni pardonner.
Description physique : Grand, et bien bâti, Nathaël est plutôt beau garçon, avec des cheveux bruns et un regard bleu-vert. Il aime le sport et pratique régulièrement les arts martiaux.
Histoire : Nathaël fait partie d’une puissante famille de dessinateurs, et a hérité des fortes capacités de ses ancêtres, comme en témoigne le test qu’il a passé à l’âge de 16 ans. Elève brillant et travailleur, son avenir en tant que Sentinelle semble tout tracé. Mais une ombre semble peser sur ce jeune homme prometteur… Pourquoi ? Quelle en est la cause ?
Particularités : Il peut se transformer à sa guise en panthère noire, sans perdre ses vêtements, et il peut réussir à décrypter le comportement des animaux. Il possède une profonde entaille en forme d’éclair sur l’épaule gauche. C'est un Frontalier, et il a deux soeurs, Tishyam et Malia.


--------------------------------------
Nom : Lēra
Prénom : Ilhano
Race : Humain
Age : 22 ans
Famille(s) : A la fois Cogiste, Scholiaste et Guérisseur, Ilhano possède des facultés étonnantes, qui pour autant ne sont pas à la source de son appartenance à la guilde des Marchombres.
Description physique : Fluidité est le premier mot qui vient à l’esprit lorsqu’on découvre Ilhano. Sa démarche féline, ses muscles déliés et bien dessinés témoignent, si besoin est, de son agilité et sa maîtrise. Ses cheveux de jais font ressortir son regard bleu électrique, tant est si bien que nombreux sont ceux qui se sentent mis à nus en le croisant.
Caractère : Discret, réfléchi, sincère et droit, Ilhano n’en demeure pas moins très énigmatique. D’un calme quasi olympien, personne ne l’a déjà vu se mettre en colère. Mais ses silences et son sang-froid sont bien plus redoutables…
Histoire : Le jeune Ilhano s’était engagé depuis peu sur la Voie lorsque ses parents sont morts. Leur décès a rendu sa volonté encore plus farouche, et il n’a eut de cesse dès lors de progresser sur la Voie. Son chemin a croisé celui d’une maître marchombre, qui ayant remarqué ses talents, lui proposa de le former. Elle lui a enseigné tout son savoir et ses connaissances, et l’a poussé toujours plus en avant. Il garde un souvenir impérissable de cette expérience extraordinaire. Depuis son envol, il poursuit sa route en parcourant le monde, libre.
Particularités : Hormis certains secrets comme par exemple la greffe qu’il a reçue, aucune connue.


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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Mer 27 Nov - 22:06

Le grondement d'un terrible affrontement émanait de l'une des salles de la Citadelle.

- Comment peux-tu envisager une telle hypothèse, Tishyam ?! Comment peut-elle ne serait-ce qu'effleurer ton esprit ?! scandait Nerel Nil'Lumen, face à une jeune femme qui lui renvoyait un regard noir. La réponse se fit sur un ton tranchant, tout aussi agressif que celui qu'il avait employé.
- Peut-être parce que je ne me laisse pas aveugler par les boniments d'une inconnue qui se prétend...
- Ma sœur !
coupa-t-il, de plus en plus furieux. C'est ma sœur, que cela te plaise ou non, et je ne la laisserai pas dans cette situation sans bouger !
- Alors tu risquerais ton Nom et ton Honneur pour cette fille dont tu ne sais rien ?!
s'énerva Tishyam, faisant un pas menaçant vers son ami de toujours.
- J'y compte bien, et ce n'est pas toi qui m'en empêchera !
- Tu crois vraiment que je vais te laisser faire ça ?!
scanda la jeune femme.
- Tu as intérêt à le laisser faire.
trancha une troisième voix, dont le calme contrastait avec l'agitation des deux opposants. Sortant de l'ombre, la Faëlle responsable de cette interruption s'avança vers les deux Frontaliers. Que tu veuilles le protéger est une chose, que tu le prives de sa liberté sous ce prétexte en est une autre.
- Oserais-tu...
tenta Tishyam, interrompue une nouvelle fois par la Faëlle.
- J'ose, bien évidemment. Si tu tiens tant que ça à Nerel, alors prouve-le et laisse-le faire ce qui lui semble être juste.
- Ce n'est pas juste s'il part pour une mission-suicide ! Et seul en plus !
répliqua la Dessinatrice.
- Qui te dit qu'il ira seul ?


Un silence suivit la question d'Irylin. Tishyam fronça les sourcils, tandis que Nerel, lui, fixait la Faëlle avec des yeux ronds.

- Est-ce que tu veux dire que...
commença-t-il.
- Je t'accompagne, en effet. confirma Irylin. Et il ne tient qu'à une certaine dessinatrice au sale caractère d'assurer elle aussi ta protection contre ta diabolique cadette. ajouta-t-elle dans une touche d'ironie. Tishyam haussa les épaules.
- Ne compte pas sur moi pour l'encourager dans son projet stupide ! Tu ne te rends pas compte qu'en cherchant à l'aider, vous allez vous opposer aux hommes de la Légion Noire ?! C'est insensé !
- Donc pour toi, prouver que ma sœur est innocente, c'est insensé ?!
gronda Nerel. Et la laisser se faire accuser de choses qu'elle n'a probablement pas commises, c'est sensé peut-être ?!
- Ce que tu peux être borné !!
grommela la jolie blonde, toujours aussi énervée.

Sur ces mots, elle tourna les talons et quitta la pièce, non sans claquer violemment la porte au passage. Nerel et Irylin regardèrent un moment le grand battant de bois, espérant peut-être que leur amie réapparaisse, mais rien ne se produisit.

- Je crois qu'il ne faut plus compter sur sa participation...
soupira Irylin afin de briser le silence tendu qui s'était installé.
- Qu'importe. Il est hors de question que je reste ici les bras croisés !
affirma le jeune homme avec force.

La Faëlle le fixa quelques secondes sans rien dire, légèrement peinée, puis elle se risqua à poser une question :

- Nery'... es-tu bien certain qu'elle ne t'a pas manipulé durant son séjour à la Citadelle ?
demanda-t-elle doucement. Nerel lui renvoya un regard noir.
- Tu es libre de ne pas venir, je ne t'oblige à rien.
gronda-t-il, blessé, avant de suivre le même chemin que Tishyam, laissant Irylin seule dans la pièce.

Elle poussa un soupir, puis leva les yeux au ciel.

- Pourquoi faut-il que vous soyez si prompts à vous emporter ?...
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Mer 27 Nov - 23:24

Isys venait de terminer sa séance d'entraînement. Depuis qu'elle connaissait Eryn, elle venait régulièrement s'entraîner dans la Citadelle. Aujourd'hui, son amie n'était pas là, mais les gardes la connaissaient depuis des années, et la laissaient aller et venir comme elle l'entendait. En outre, la plupart d'entre eux étaient tombés sous son charme ravageur, et aucun ne refusait jamais de participer à son entraînement en tant qu'adversaire de combat.

Il faut reconnaître qu'Isys était une jeune femme d'une beauté extraordinaire. Rares étaient les femmes qui la surpassaient dans ce domaine, qu'elles soient Humaines ou Faëlles. Rien d'étonnant donc à ce que la majorité des hommes soient attirés par elle.

La Faëlle avait choisi cette fois de travailler ses compétences au sabre, et avait demandé à deux gardes de lui servir d'adversaires. Après une bonne heure d'échauffement et d'exercices en tout genre, elle avait engagé un combat à deux contre un. Les deux Frontaliers, conformément à leur code de l'honneur et soucieux de ne pas manquer de respect à la jeune femme, ne retenaient pas leurs coups et Isys avait parfois du mal à éviter les lames tranchantes. Mais elle ne se décourageait pas, et mobilisait toute sa concentration et sa volonté pour parer puis riposter.
Lorsqu'elle mit fin à la séance, elle était épuisée et ses membres demandaient grâce, mais elle était satisfaite. Elle avait progressé par rapport à la dernière fois, et commençait réellement à apprécier cette arme, qui au départ, lui était étrangère.

Elle se dirigeait donc vers une salle d'eau pour prendre une douche bien méritée lorsqu'elle entendit des éclats de voix dans une pièce voisine. Isys n'avait pas pour habitude de se mêler de la vie d'autrui, et elle allait poursuivre sa route lorsqu'elle crut entendre une voix qu'elle connaissait bien. Irylin ? Etonnée, la Faëlle s'arrêta au beau milieu du grand hall et se retourna au trois quart, en direction de la pièce d'où semblait provenir la dispute.

A cet instant, une jeune femme sortit en claquant violemment la porte. Sans prêter attention à ce qui l'entourait, elle s'éloigna dans la direction opposée à celle qu'Isys suivait. L'avait-elle remarqué ? Certainement pas, vu la colère qui émanait d'elle et son départ précipité.
La Faëlle hésita.
La porte claqua une nouvelle fois, moins brutalement, et le silence revint. Isys reprit son chemin, et avait à peine fait deux pas quand la voix d'Irylin se fit une nouvelle fois entendre, plus clairement.
Cette fois, elle perçut chaque mot distinctement, et attendit une réponse qui ne vint pas. Ou qu'elle n'entendit pas.
D'un pas assuré, elle alla vers la porte, l'ouvrit légèrement, et passa la tête par l'entrebâillement. Elle voulait juste s'assurer que son amie allait bien. De sa voix chantante, elle demanda :

- Irylin ? Tout va bien ?
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Mer 27 Nov - 23:55

- Ah ! Isys ! laissa échapper Irylin, surprise et un peu déçue -elle devait bien admettre qu'elle espérait voir revenir Nerel. ... Oui, tout va bien. Ce n'était qu'une dispute entre Nerel et Tishyam... soupira-t-elle, lasse de tout ce bruit.

Elle franchit les quelques pas qui la séparaient d'une chaise et s'y assit, tournée vers les grandes vitres qui donnaient sur le paysage grandiose des Frontières de Glace. Sentant le poids de cette dispute peser encore sur son âme, elle choisit de s'en ouvrir à Isys -qui, quoi qu'il arrive, aurait deviné que tout n'allait pas aussi bien qu'elle le prétendait.

- Ni l'un ni l'autre ne se laisse raisonner. La sœur de Nerel -ne me demande pas d'où elle sort, il semblerait qu'il l'ait retrouvée il y a quelques mois de cela- est la cible d'accusations très graves, Nerel est convaincu de son innocence et veut aller la protéger. Tishyam, elle, veut croire le contraire et refuse de bouger le petit doigt. ... Rien ni personne ne retiendra Nerel à la Citadelle, il a décidé d'aller chercher sa sœur et je dois l'accompagner. ... Je ne peux quand même pas le laisser partir seul, pas dans son état... résuma-t-elle, posant son regard doré sur son amie.

Faisait-elle une erreur en voulant accompagner le Frontalier ? Tel qu'il était, elle était convaincue qu'il n'hésiterait pas une fraction de seconde à défier la Légion Noire s'il le fallait, pour défendre sa sœur. Et il avait beau être doué, il serait massacré en un instant si un tel combat devait se produire...

D'ailleurs -mais elle l'ignorait encore-, Nerel était déjà en train de se préparer. Qu'importe les suspicions de celles sur qui il pensait pouvoir compter ! Il venait de retrouver Shyna, après des années à la chercher et à désespérer, ce n'était pas pour l'abandonner à une accusation mensongère !
Quelques minutes lui suffirent à empaqueter ses affaires, et il ne lui en fallut pas plus pour se préparer un sac de provisions. Préparer Sable prendrait plus de temps, l'étalon noir ayant pris un malin plaisir à se rouler dans sa paille après leur chevauchée du petit matin. Mais qu'importe. Dans moins d'un quart d'heure, il aurait pris la route...
Le grand cheval frémit en sentant la nervosité de son cavalier, coucha les oreilles face à cette boule de nerfs envahissant son box. Nerel s'arrêta, repensa à Shyna. La façon qu'elle avait d'apaiser sa propre monture, l'union mystérieuse qui les liait même lorsqu'elle n'était pas sur son dos...
Il se força à respirer, évacua une partie de la tension qui l'habitait et, calmement, posa une main sur l'étoile blanche ornant le front de Sable. L'étalon souffla bruyamment, puis redressa les oreilles et courba l'encolure, acceptant -presque à contre-cœur- la présence de Nerel. Sans plus attendre, le Frontalier entreprit de panser sa monture, refusant le moindre contretemps.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Sam 30 Nov - 13:26

La lueur de déception qui brilla un instant dans le regard d'Irylin n'échappa pas à l'attention vigilante d'Isys. Visiblement, elle s'attendait à voir quelqu'un d'autre... Nerel, sans doute.
Remarquant que quelque chose semblait préoccuper son amie, Isys ouvrit plus largement la porte, et entra dans la pièce.

Son regard tomba alors sur l'incroyable royaume gelé qui s'étendait à leurs pieds. Les Frontières de Glace... Le spectacle était féérique. Drapées dans leur majestueux manteau de neige, des flèches de glace s'élançaient à l'assaut des cieux, jouant avec les nuages le jour et flirtant avec les étoiles à la nuit tombée. Piégée par ces montagnes de cristal, la lumière se diffractait dans toutes les directions, éclaboussant la neige de milliers de gouttes d'or.
Isys en serait restée bouche bée si elle n'avait pas eu le loisir de contempler ce paysage extraordinaire aussi souvent.

Délaissant le grandiose panorama, la jeune Faëlle se retourna vers son amie et croisa son regard doré, empli de doute. Irylin aimait l’aventure, les voyages et la découverte, et était toujours prête à relever de nouveaux défis, tous plus audacieux les uns que les autres. En outre, elle avait noué avec Nerel un lien d’amitié si fort, si puissant, que rien ni personne ne pourrait les séparer. Cependant, cette fois-ci, Irylin semblait hésiter à suivre son ami. La situation devait être particulièrement grave.

- J’ignore ce que la sœur de Nerel a fait, et les accusations dont elle fait l’objet. Mais pour que tu hésites sur la décision à prendre, les événements doivent être vraiment graves. En temps normal, tu serais déjà partie avec Nerel. Le lien qui vous lie est si fort. Mais tu es ici, avec moi. Je suppose donc que quelque chose de plus puissant encore que votre amitié te pousse vers la décision contraire. Je ne crois pas me tromper en affirmant que tu te demandes si Nerel ne se fourvoie pas. Et si tu hésites, c’est parce que les personnes qui accusent sa sœur sont à priori justes, et puissants, n’est-ce pas ?

Il n’y avait qu’une catégorie de personnes qui répondaient à ces critères. Les soldats de la Légion Noire. Etait-ce vraiment eux qui poursuivaient la sœur de Nerel ?


- Dans ce cas, je ne peux pas rester là sans rien faire. Je ne sais pas qui a tort, ou qui a raison. Je ne connais ni Nerel, ni sa sœur. Mais je te connais toi. Et si tu dois partir à leur recherche, alors je t’accompagne. Les soldats de la Légion Noire ne sont pas à prendre à la légère. Ils sont dévoués à l'Empereur, et leur sens de l'honneur et de la justice est infaillible, et incorruptible. Si Nerel a raison, si les accusations sont fausses, alors nous devons prouver l’innocence de sa sœur, ce qui ne sera certainement pas une mince affaire. Si, en revanche, la Légion Noire a raison, alors tu ne peux pas laisser Nerel surmonter cela tout seul, surtout s’il vient à peine de retrouver sa sœur. D'autant que s'il s'en prend aux légionnaires, il n'y survivra pas.

Convaincre la Légion Noire ou l’empêcher de se battre contre Nerel n’était pas à la portée du premier venu, et ils ne seraient pas trop de trois pour y parvenir. Bien au contraire… Y arriver relèverait d'un miracle...



~¤~


Nathaël était en train de brosser son étalon lorsqu’il entendit la porte de l’écurie s’ouvrir brutalement, et des pas vifs se diriger vers un box non loin du sien. Il jeta un œil dans l’allée pour tenter d’apercevoir le responsable mais il n’y avait plus personne.

Haussant les épaules, il reporta son attention sur sa monture et reprit son travail minutieux. Il aimait les animaux, et plus particulièrement les chevaux. Il avait rencontré le sien au détour d’un voyage. Il semblait avoir été abandonné, et avait une patte blessée. Nathaël s’était approché lentement en tentant de le rassurer, et l’étalon n’avait bronché. Après quelques hennissements plaintifs et inquiets, il avait finalement accepté de se laisser soigner. La cicatrisation avait été lente et douloureuse, mais grâce aux bons soins de Nathaël, la blessure avait guérie, et un étrange lien s’était formé entre lui et l’équidé. Depuis, ils ne quittaient plus.

Nathaël s’intéressa ensuite à la crinière de nuit mais s’arrêta de nouveau, lorsque Ecume recula d’un pas, en secouant la tête. Surpris, le jeune homme plongea son regard dans celui de son étalon pour comprendre la raison de ce soudain recul. Mais il ne remarqua rien de particulier, et murmurait déjà des paroles réconfortantes à son oreille quand il la remarqua.
Une légère tension avait remplacé le calme qui régnait dans l’écurie. Mais d’où venait-elle ? Emanait-elle de la personne qui était entrée ?

Abandonnant un instant la brosse qu’il tenait en main, il sortit du box, et se dirigea vers un autre. Il repoussa légèrement la porte de bois qui lui faisait face et interrogea :


- Tout va bi… Nerel ?

Les traits soucieux de son ami ne lui échappèrent pas, et il entra franchement dans la stalle.

- Que se passe-t-il ?
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Lun 2 Déc - 21:16

L'ombre d'un sourire se dessina sur le visage d'Irylin. Qu'il était bon d'avoir à ses côtés une amie telle qu'Isys ! Depuis leur première rencontre ici même, entre les murs de la formidable Citadelle des Frontaliers, elle avait toujours apprécié la justesse et la finesse des paroles de sa compatriote.
Non pas qu'Irylin méprise le comportement des Frontaliers, loin de là. Leur courage et leur force d'âme faisaient l'admiration de la Faëlle. Mais ils étaient parfois un peu trop rigides dans leur façon de penser, trop attachés à des valeurs qui pouvaient aisément être biaisées pour les piéger... sans compter leur incroyable capacité à s'emporter.
Indéniablement, retrouver l'esprit Faël entre ces murs était une bouffée d'air pur, un soulagement tandis que grondait le tumulte guerrier propre aux Frontaliers.

- Je te remercie de ton soutien...
souffla Irylin. Mais il serait injuste de ma part de t'impliquer dans nos problèmes sans t'en expliquer la teneur réelle. La sœur de Nerel s'appelle Shyna, mais il semblerait qu'elle voyage sous un autre nom, Poly Selann. D'après Nerel c'est le nom qu'elle portait jusqu'à ce qu'ils se retrouvent. La Légion Noire est à sa recherche suite à la disparition de Sphères Graphes, et ils semblent convaincus que c'est elle qui les a volées. Nerel ne veut pas y croire... Et j'ai beau lui faire confiance, je me demande comment peut-il être certain de la loyauté d'une sœur qu'il ne connait que depuis très peu de temps ! Nous devrons être prudentes, Isys. J'ai le sentiment que la Légion Noire ne sera pas notre seule préoccupation...


--------------------------------------


Tout à son énervement, Nerel n'avait même pas remarqué la présence de Nathaël dans les écuries. D'ailleurs, l'entrée de son ami dans la stalle de Sable ne lui fit ni chaud ni froid : seule Shyna comptait pour l'instant, elle était en danger.

- Il se passe que ma sœur est accusée à tort et que la Légion Noire va s'en prendre à elle ! Il est hors de question que je laisse cela se produire, et puisque personne ne semble disposé à me croire, j'agis !
résuma-t-il tout en brossant énergiquement la robe de sa monture, chassant les souillures qui s'y étaient prises. Je prouverai que j'ai raison, et qu'elle est innocente, je la protègerai quoi qu'il en coûte. ajouta-t-il à mi-voix, toujours énervé, plus pour lui-même que pour Nathaël.

Sable, une nouvelle fois, laissa échapper un souffle bruyant. D'ordinaire, son cavalier était plus délicat et moins nerveux... Le grand étalon s'attendait à devoir donner toute sa mesure dès que Nerel l'aurait enfourché -ce qui ne tarderait plus désormais.


--------------------------------------


Shyna s'assit sur le petit lit de la chambre qu'elle avait réservée, dans l'une des auberges d'Al-Vor. Par la fenêtre entr'ouverte, le brouhaha joyeux d'une caravane d'Itinérants montait de la grande place où avaient lieu les échanges, mais cela ne réjouissait guère la jeune fille. D'ordinaire, elle se serait mêlée à la foule, se serait amusée des négociations tendues et des voleurs à la sauvette -souvent rattrapés deux étals plus loin par le Marchombre surveillant les lieux-, puis aurait cherché à revoir Yannick, l'Itinérant qui l'avait emmenée la première fois qu'elle avait quitté sa ferme, pour avoir des nouvelles de son petit frère adoptif. Même si Yannick n'était pas de ce convoi-là.
Mais aujourd'hui, son nez plissé, comme son regard sombre, laissaient deviner que la situation était grave.

Poursuivant les activités qu'elle menait six mois plus tôt -avant de rencontrer Liam-, elle avait effectué un transport depuis la capitale jusqu'à Al-Vor, le destinataire étant le Seigneur de la petite ville lui-même. Le Marchombre, arguant qu'il avait quelque chose à préparer, l'avait laissée partir seule.
Et elle le regrettait amèrement.
Les brigands sur la route ne lui avaient posé que peu de problèmes, la faune des plaines n'était qu'un lointain souvenir. Rien de tout cela n'aurait pu lui faire regretter l'absence du Maitre Marchombre, qu'elle avait bien du mal à cerner et parfois même à supporter...
Mais c'est à l'arrivée que tout s'était corsé.
Elle avait livré le petit sachet fait de multiples épaisseurs de cuir et de tissus, dont elle ne connaissait pas le contenu, et aurait empoché son salaire pour le transport sans la suspicion du destinataire. Une dizaine de billes de verre s'étaient étalées sur le bureau en bois massif du Seigneur d'Al-Vor, et Shyna avait immédiatement compris que ce n'était pas pour ces billes-là qu'on lui avait proposé un si bon salaire, mais d'autres bien plus importantes : des Sphères Graphes.
Après une argumentation houleuse -quelle idée avait-on de fait transporter une cargaison aussi précieuse par une cavalière seule, et sans la prévenir en plus ?!-, elle avait quitté le bureau de l'homme en claquant la porte, promettant malgré tout de rester en ville pour clarifier la situation.
Tout ceci s'était produit la veille. C'est donc ainsi qu'elle s'était retrouvée dans cette petite chambre, coincée à Al-Vor -elle n'avait qu'une parole !- et certaine que quelqu'un avait réussi à lui dérober les Sphères Graphes durant le trajet. Mais quand ?! Elle avait été soigneuse, prudente, avait toujours gardé le sachet sur elle. Elle aurait senti un Dessin destiné à lui dérober les Sphères, et un chant Marchombre ne pouvait guère être impliqué : Souffle aurait réagi et aurait empêché le vol de se produire.
Bien des choses lui échappaient, et cela l'ennuyait au plus haut point.


... et un autre détail lui était encore inconnu, mais plus pour très longtemps.
Liam, loin de vouloir abandonner son élève après seulement six mois d'enseignement, avait choisi de la suivre à bonne distance afin de voir comment elle se débrouillait, seule. Ses observations, au fil du trajet, n'avaient fait que confirmer ce qu'il savait déjà : bien avant de le rencontrer, elle avait mis un pied sur la Voie, l'avait sans doute frôlée à plusieurs reprises, sans vraiment la percevoir... puis s'y était engouffrée avec joie, avant que sa progression ne soit brisée brutalement. Par quoi ? Ou plutôt... par qui ? C'était un mystère qu'il lui faudrait percer un jour où l'autre s'il voulait vraiment aider Shyna à progresser.
De loin, le Marchombre avait perçu l'accrochage avec le Seigneur d'Al-Vor, et ne pouvait que saluer l'honnêteté dont faisait preuve son élève. Cependant, une sourde inquiétude s'était emparée de lui.
Son instinct lui soufflait que cela allait plus loin qu'un simple vol, et que les conséquences en seraient donc bien plus importantes... cependant ses suspicions restaient floues. Et des éléments lui manquaient encore pour comprendre ce qui se tramait.
Il avait pris la décision de rester proche de son élève sans toutefois révéler sa présence, et l'avait suivie durant la fin de la journée, puis le lendemain, ombre parmi les ombres. Shyna s'était peu déplacée, lui facilitant ainsi la tâche et lui offrant même assez de temps pour s'immerger une ou deux fois dans la gestuelle marchombre...
À chaque fois, il avait pris le temps d'interroger le vent.
À chaque fois, la réponse avait été la même.
"Prudence..."
Et l'arrivée d'un groupe de cavaliers vint éclairer ce conseil sous un tout autre jour.
Leur identité était évidente : Légion Noire. Leurs intentions l'étaient tout autant : celui qui commandait l'escadron distribua ses ordres devant l'auberge où logeait Shyna : il était question d'arrêter Poly Selann, laquelle était considérée comme extrêmement dangereuse.
Il ne fallut qu'une fraction de seconde à Liam pour prendre sa décision, une autre pour grimper jusqu'à la fenêtre de son élève.

- Jeune fille, il est temps pour toi de faire un peu d'escalade...


Shyna bondit sur ses pieds, surprise d'entendre une voix si proche d'elle. En un éclair, son sabre était sorti de son fourreau -mais Liam était resté à l'extérieur, hors de sa portée.
L'apprentie fronça les sourcils, scruta le visage du Marchombre. Un sourire amusé dansait sur les lèvres du jeune homme, et rien ne laissait supposer qu'il était suspendu au-dessus de deux étages de vide, encore moins que la situation était urgente.

- J'attends.
la pressa-t-il, toujours aussi calme, se décalant légèrement pour laisser à son élève toute la place nécessaire à sa sortie aérienne.

Pourtant, son attention était focalisée sur les vibrations que lui transmettaient les poutres auxquelles il se tenait. Les Légionnaires étaient entrés, ils montaient les escaliers. Premier étage, palier. Au rythme de leurs pas, ils lui paraissaient tendus, prêts à bondir. Milieu de l'escalier...
Shyna venait d'enjamber la fenêtre, non sans grommeler.

- Et je peux savoir ce que vous fichez là, hein ? Et pourquoi de l'escalade maintenant ? Comme si on n'en avait pas fait assez...


Quelques marches, le couloir...

La porte explosa littéralement, et la chambre fut envahie par les soldats en armure de Vargelite. Il ne leur fallut pas longtemps pour constater que leur cible n'était pas là, et repérer la fenêtre grande ouverte. Rapidement, ils jetèrent un regard à l'extérieur... Il n'y avait plus personne.

Dans l'ombre de la ruelle en contrebas, Shyna grommela à nouveau à voix basse :

- Mais qu'est-ce que c'est que ce cirque ?!


Elle se massait le poignet, la désescalade ayant été rude. Liam l'avait forcée à accélérer le mouvement, tout en s'assurant malgré tout qu'elle ne ferait pas de mauvaise chute. Il n'empêchait pas son arrestation pour la voir bêtement s'écraser sur les pavés...

- Ce cirque, jeune fille, me semble être le début d'une longue série d'ennuis.
répondit Liam, songeur, avant de l'entrainer à travers les petites rues pour lui résumer ce qu'il savait -et la mettre à l'abri.


Dernière édition par tapache le Dim 8 Déc - 22:30, édité 1 fois
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Dim 8 Déc - 22:06

Des Sphères Graphes…  Isys comprenait mieux l’inquiétude de sa compatriote. D’autant plus avec les folles rumeurs qui commençaient à se répandre dans les rues, pour qui savait écouter.

De tout temps, les Sphères Graphes avaient toujours été un atout stratégique pour les Alaviriens. Aussi bien en temps de paix que de guerre.

Les sphères graphes sont connues pour alimenter le pouvoir des dessinateurs mais elles ont d'autres propriétés. Activées par des dessinateurs, correctement utilisées, elles peuvent rendre une place forte imprenable et même soustraire des pans entiers d'une cité à la vue d'éventuels assaillants.


Le souvenir avait fusé, comme une source d’eau pure jaillissant d’un pan montagneux. Clair, précis, vif.

Et si la Légion Noire était de la partie… Alors la situation était critique. Car pourquoi envoyer des soldats surentraînés, et dotés de capacités phénoménales, pour arrêter une simple jeune femme ? Aussi douée soit-elle, cela n’avait pas de sens. A moins que…

Un tumulte, qui n’avait rien à voir avec le grondement guerrier des Frontaliers, éclata soudain aux abords de la Citadelle. Une violente pluie se mit à tomber, fouettant brutalement les vitres de la grande salle dans laquelle les deux Faëlles se trouvaient. En quelques secondes, le paysage féérique disparut, noyé sous un rideau liquide.

Isys retint un soupir. Elles n’avaient pas le choix, elles ne pouvaient pas laisser Nerel en faire à sa tête. En même temps, elle commençait à avoir l’habitude avec Eryn. Quand son amie avait décidé quelque chose, rien ni personne ne pouvait l’en empêcher. Elle se souvenait de son dernier départ…

Elle avait compris avant même qu’Eryn ouvre la bouche. La Faëlle coupa son amie avec un sourire :
- Où vas-tu cette fois-ci ?
- A Al-Vor.


Isys ouvrit de grands yeux.


- Al-Vor ? Mais que vas-tu faire aussi loin ?
- Tu le sais bien,
répondit Eryn avec un demi-sourire.
- Tu es encore à la recherche de ton marchombre ?
- Plus que jamais, acquiesça la jolie brune.
- Et comment comptes-tu t’y prendre ? Je suppose que tu ne vas pas te promener dans la ville en déclamant à haute voix que tu cherches un marchombre, à la manière d’un marchand qui vante à pleins poumons les qualités de ses produits !

Eryn sourit à cette idée. Oui, elle visualisait très bien la scène !

- Non bien sûr !
- Alors que comptes-tu faire ?
- Je verrais bien sur place !
répondit malicieusement la jeune Frontalière avec un clin d’œil complice.
L’ombre d’un sourire se dessina sur le visage d’Isys à l’évocation de ce souvenir, et c’est avec une pointe d’ironie qu’elle déclara :

- Un vol de Sphères Graphes, un ami qui fonce tête baissée pour retrouver une sœur accusée, une poursuite par la Légion Noire… Restons positives, il pourrait pleuvoir !


~¤~


Nathaël aurait bondit de joie à l’annonce des retrouvailles de Shyna et de Nerel si ce dernier n’avait pas affiché une mine aussi sombre. Et l’évocation de la Légion Noire n’avait rien de rassurant, au contraire ! Mais quel était le rapport entre Shyna et les Légionnaires ?
La Légion Noire ne s’occupait que des affaires graves, qui nécessitaient l’intervention de redoutables guerriers, rompus au combat et à la stratégie militaire.
Pourquoi se déplaçaient-ils pour une jeune femme ? Les accusations devaient être particulièrement graves, et les preuves nombreuses…

Connaissant l’esprit borné que pouvait être parfois son ami, Nathaël retint un soupir. Il ne pouvait pas le laisser foncer tête baissée contre la Légion Noire. Et cela encore moins sans savoir précisément de quoi il retournait.

Mais Nerel ne semblait nullement vouloir prendre le temps d’expliquer la situation. Une tension palpable l’habitait, et ses gestes étaient emplis d’une nervosité inhabituelle.

Nathaël s’avança lentement vers Sable. Il laissa l’étalon humer son odeur, puis s’empara d’une autre brosse et se positionna à hauteur de la crinière. D’un mouvement souple et bien plus doux que celui de Nerel, il commença à nettoyer et démêler les crins, un à un.

- Raconte moi.


~¤~


Ca y est, elle y était enfin ! Elle adorait les chevauchées à travers les paysages variés de Gwendalavir, mais n’était pas fâchée d’atteindre enfin la cité d’Al-Vor.

Quelques heures après son départ de la Citadelle, alors qu’elle chevauchait tranquillement en direction du Pollimage, elle avait croisé la route d’une caravane d’Itinérants, en plein combat contre une meute de Raïs. Sans hésiter un seul instant, elle avait dégainé son sabre et s’était lancée dans la bataille.
Elle avait déjà éventré deux guerriers cochons quand elle fut interpellée par une voix grave. Se retournant, elle aperçut un soldat d’une taille colossale, qui portait une armure faite de cuir et d’acier. Il ressemblait en tout point aux gardes qui surveillaient les portes des villes.
Il se dirigea vivement vers elle, et après un rapide remerciement, il l’interrogea sur son identité et sa destination. Eryn lui répondit, puis ayant appris que le convoi se rendait à Al-Jeit, en faissant une escale à Al-Vor, elle lui proposa de les accompagner à titre d’éclaireur.
Le guerrier hésita un peu. Mais l’adresse de la jeune femme face aux Raïs et sa détermination l’emportèrent, et il accepta sa proposition.
Le maitre caravanier ne fut guère plus difficile à convaincre, et une poignée de minutes plus tard, la petite troupe se remit en marche.

La traversée se déroula sans encombre, mis à part quelques rencontres désagréables avec des Raïs, et des tigres des prairies.
La caravane passa non loin d’un camp d’ogres mais ces derniers étaient bien trop occupés à dévorer une masse indistincte et aucun d’eux ne prêta attention au petit groupe.
Et après plusieurs semaines de voyage, ils étaient enfin arrivés à destination ce matin.

Eryn avait reçu sa paye, et commençait à s’éloigner lorsque le maître caravanier la rappela.


- Eryn !
- Oui ?
répondit la jeune Frontalière qui s’arrêta, sans se retourner.
- Nous repartons dans quelques jours, pour nous rendre cette fois à Al-Jeit. Viendras-tu avec nous ?

Eryn se retourna, et croisa le regard sombre de l’Itinérant.

- Il y a deux réponses à ta question, comme à toutes les questions. Celle du savant, et celle du poète. Laquelle désires-tu entendre ?

Le maitre caravanier bougonna dans sa barbe. Décidément, cette petite aimait les réponses alambiquées. Ne pouvait-elle pas se contenter de répondre par oui ou par non, pour une fois ? Résigné, il répliqua :

- Je ne sais pas... Celle du poète ?
- L’espoir est une force qui nous pousse en avant.


Décontenancé, il la regarda sans comprendre.

- C’est tout ?
- Oui.
- Et… si j’avais opté pour celle du savant ?

Elle lui renvoya un sourire malicieux, et répliqua, avant de reprendre sa route :

- Peut-être.

Le maitre caravanier soupira. Il ne comprendrait sûrement jamais cette jeune Frontalière. Il la regarda s’éloigner, sembla balancer puis lança :

- Nous repartirons dans une semaine. Viens me voir la veille, si tu te décides.

Eryn lui fit un signe de la main pour lui signifier qu’elle l’avait entendu, et partit enfin à la découverte de la ville.
Un soleil radieux brillait dans un ciel d’azur, et les rares nuages s’étiolaient lentement sous la brise qui soufflait doucement, rafraichissant à son gré les passants. Eryn flânait tranquillement dans les rues, admirant là un étal d’étoffes, là-bas un couple d’oiseaux gazouillant sur une branche. Elle ressemblait à une jeune femme comme une autre, mais son regard captait discrètement chaque détail, chaque démarche, chaque visage.

Au bout d’un moment, elle décida qu’il était temps de reprendre son entraînement. Avisant une ruelle dépeuplée et un mur à la surface polie, elle s’y dirigea d’un pas souple, et entreprit de grimper sur le toit.
En quelques minutes, elle était arrivée au sommet, jouant astucieusement des infimes prises qu’offraient les pierres usées par le temps et les éléments.
Un sourire éclaira son visage lorsqu’elle découvrit le panorama qui s’étendait à ses pieds. La ville se déployait dans toutes les directions, comme si elle n’avait pu choisir une seule voie. Les bâtisses s’étaient développées ça et là à leur guise, mais leur apparent désordre dissimulait une savante organisation.
La jeune Frontalière admira un instant les lieux, puis la foule qui leur donnait vie.
C’est alors qu’elle le remarqua.
C’était un détail infime, qui aurait pu sembler insignifiant.
Mais qui détonait comme le nez au milieu de la figure pour elle.

Sans un bruit, elle bondit comme un chat de toits en toits, puis s’arrêta. Elle était tout près de lui à présent.
Elle contempla, émerveillée, sa démarche féline, l’harmonie qui se dégageait de ses mouvements, la sérénité qui régnait autour de lui. Ombre parmi les ombres.
Le monde disparut peu à peu.
Il ne restait plus que lui.
Et elle.
Le reste n’avait plus d’importance.

Un détail vint rompre la magie de l’instant. Une tâche sombre était apparue dans son champ de vision.
Si discrète qu’elle avait failli lui échapper.
Mais pourtant bien présente.

Une troupe.
La Légion Noire.

Eryn sursauta. Que faisait-elle là ? Les Légionnaires étaient-ils à la recherche de quelqu’un ?
La jeune femme réalisa tout à coup qu’elle se trouvait toujours juchée au sommet d’une maison. Si les soldats l’apercevaient là-haut, ils ne manqueraient sûrement pas de la rappeler à l’ordre.
Oubliant la silhouette fascinante, elle redescendit vivement la paroi la plus proche, sauta souplement au sol, puis fit mine de s’intéresser à la marchandise d’un marchand qui se trouvait non loin.

Elle risqua alors un coup d’œil par dessus son épaule. La Légion Noire s’était arrêtée non loin, au pied d’une bâtisse.
Que se passait-il ?
Un bruit retentit soudain, et une tête casquée de vargelite apparut à l’une des fenêtres. Leur cible s’était-elle échappée ?

Curieuse, la Frontalière s’était légèrement retournée. Avisant le visage d’un soldat, elle reporta vivement son attention sur l’étal devant elle.
Elle avait capté un mouvement. Si ténu qu’elle se demanda si elle n’avait rêvé.
Ombre ou simple courant d’air ?
Elle devait en avoir le cœur net.
Se coulant dans un léger renfoncement pierreux, elle regarda plus attentivement.
Mais il n’y avait personne…
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Lun 9 Déc - 12:16

Le sourire, qui s'était éteint sur le visage de la Faëlle tandis qu'elle exposait brièvement la situation à son amie, revint à la remarque ironique de celle-ci. Elle posa son regard doré sur les flots d'eau s'abattant sur les Marches du Nord, songea un instant à la tempête de neige que cela devait représenter, dans les montagnes qui surplombaient la Citadelle.
Nulle personne censée n'aurait envisagé de prendre le départ par un temps pareil, mais Irylin ne se leurrait pas : il aurait fallu bien plus qu'une averse, aussi torrentielle puisse-t-elle être, pour faire renoncer Nerel. D'ailleurs...
L'idée que Tishyam puisse être à l'origine de cet intempérie brutal effleura l'esprit de la Faëlle, mais elle chassa cette pensée tout en se levant : l'origine de l'eau qui s'abattait au-dehors n'avait aucune importance, quelle qu'elle soit. Nerel ne s'en préoccuperait pas. Lorsqu'il prenait une décision, il était pareil à une flèche faëlle : quel que soit les obstacles le séparant de son but, il l'atteignait toujours.

- Ne tardons pas,
déclara Irylin en s'ébrouant enfin, tel que je le connais Nerel pourrait bien être déjà sorti des écuries !

Et, joignant le geste à la parole, elle se coula vers la porte qu'elle franchit rapidement, après un regard entendu à son amie : elle préparaient leurs affaires et se retrouvaient aux écuries.


--------------------------------------


- Il n'y a rien à raconter !
cracha Nerel, achevant de brosser la robe de son étalon.

Celui-ci émit un hennissement étouffé en guise de protestation et le Frontalier s'immobilisa une seconde, réalisant enfin qu'il venait de parler à son ami comme s'il avait été responsable de ce qui arrivait. Il prit une inspiration, s'apaisa légèrement, et entreprit lui aussi de résumer la situation.

- Irylin est rentrée hier soir, et m'a parlé d'un vol de Sphères Graphes dont la suspecte serait une dénommée Poly Selann. C'est le nom sous lequel Shyna a grandi, jusqu'à ce que nous nous retrouvions enfin. Elle m'a aussi dit que la Légion Noire était chargée de récupérer le bien de l'Empire. J'ai eu la confirmation ce matin, par notre propre Seigneur, que l'Empereur était convaincu de la culpabilité de Poly Selann. Ceci étant strictement impossible, je me dois de protéger ma sœur et son Honneur.


Ses paroles étaient claires, nettes, dénuées du moindre doute. Le fracas de l'averse au-dehors ne parut même pas l'atteindre et, d'un mouvement souple, il sortit du box pour aller chercher les harnachements de son étalon. Manifestement, il n'attendait aucun commentaire de la part de Nathaël.


--------------------------------------


Liam entrainait Shyna de ruelle en ruelle, si rapide et fluide que l'apprentie peinait à le suivre tout en restant aussi discrète. N'y tenant plus, elle l'empoigna par le bras, le forçant à s'arrêter.
Voulut l'empoigner.
Espéra le forcer.
Sa main se referma sur le vide, Liam disparut au coin du mur.
Le coeur battant, elle rejoignit l'intersection des deux ruelles, cherchant une trace du marchombre... en vain.

- Voilà ce que tu vas faire, jeune fille.


Elle maitrisa à grand-peine un sursaut de frayeur, releva la tête et enfin, l'aperçut. Dans l'ombre du toit, il semblait simplement fondu dans le mur, elle ne voyait pas d'autre explication.

- Avec toute la discrétion dont tu es capable, tu vas rejoindre la taverne proche de l'entrée Nord de la ville. Tu t'y installera sans te faire remarquer, et tu te feras oublier le temps que je t'y rejoigne. Je n'en aurai que pour quelques minutes, je compte sur toi. Prend ça comme un exercice et, pour une fois, ne discute pas.


Le sourire et la moquerie dans son ton n'échappèrent pas à l'apprentie qui, soudain, sentit rejaillir le sang des Frontaliers dans ses veines. Elle ouvrit la bouche pour proférer une objection, peut-être même une insulte ou une menace. La lueur qu'elle perçut dans les yeux du marchombre l'en dissuada à la dernière seconde : s'il paraissait détendu et joueur, cela n'étaient qu'apparences. Ce qu'il venait de formuler n'était pas une demande mais bien un ordre, auquel elle avait intérêt à obéir.
Shyna émit un bruyant soupir, puis haussa les épaules :

- Personne ne me verra aller jusqu'à cette taverne, personne ne m'y remarquera, je vous y attends bien sagement comme un petit toutou. Mais ne tardez pas. gronda-t-elle avant de se fondre dans l'ombre avec une souplesse qui aurait impressionné bien des gens.

Il aurait suffi qu'elle voie Liam descendre de sa cachette pour qu'elle comprenne combien elle était encore pataude et gauche, à des années-lumière de la fluidité naturelle du Marchombre. Il ne se déplaçait pas, il était mouvement. En quelques secondes, il revint aux alentours de l'auberge, invisible dans les ruelles... puis il sortit au grand jour, se mêla à la foule dans la rue principale avec nonchalance, comme s'il avait toujours été là. Pour qui ne savait pas observer, il aurait été impossible d'imaginer les capacités du jeune homme, en le voyant déambuler tranquillement le long des étals, le nez au vent. Son attention, toutefois, restait focalisée sur l'auberge que Shyna venait de quitter. Les légionnaires s'y concertaient encore, manifestement agités. Il se rapprocha encore pour saisir leur conversation, feignant de s'intéresser à une enjôleuse d'Hulm. Rapidement, son ouïe filtra le brouhaha ambiant pour se focaliser exclusivement sur les voix des légionnaires. Il n'eut que le temps de saisir la fin des ordres de leur capitaine.

- ...impossible qu'elle ait déjà quitté la ville, les gardes sont formels. Il faut la retrouver avant ce soir, nous allons nous disperser. N'oubliez pas qu'elle est extrêmement dangereuse et que nous ne savons pas si elle possède toujours les Sphères Graphes. Si vous la retrouvez, n'agissez pas, mais faites circuler l'information. Allez.

Liam fronça les sourcils.

- Eh bien quoi, vous trouvez ça trop cher ?! Pourtant c'est l'une de mes plus redoutables protégées !
s'exclama le vendeur devant lui qui, depuis quelques instants, lui vantait les mérites de l'enjôleuse et tentait de la lui vendre. Son regard orangé se planta dans celui du vendeur, qui perdit instantanément ses moyens. Mais.. Mais je.. peux vous faire un prix qui...

Il se tut.
Liam n'était plus là.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Mar 18 Mar - 19:21

[Désolée pour ce post tardif, et de piètre qualité... Promis le prochain sera mieux ! ^^"]


A l’instar de son amie, Isys avait regagné ses quartiers pour rassembler ses affaires. Le temps pressait, mais heureusement son habitude des voyages l’avait poussée à s’organiser pour pouvoir partir sur le champ, ou presque, si la situation l’exigeait. Il ne lui fallut donc que quelques minutes pour être prête.

Cependant, l’expédition qu’elle allait entreprendre était quelque peu différente cette fois-ci. Elle vérifia donc minutieusement son sac, inspecta d’un coup d’œil vif mais expert son matériel, et récita mentalement sa liste d’affaires pour s’assurer qu’elle n’oubliait rien.

Puis elle se rendit dans les écuries pour s’occuper de sa jument. En parcourant l’allée qui menait au box de Foudre, elle balaya rapidement les lieux du regard, mais il n’y avait personne. Irylin avait raison, Nerel devait sans être déjà parti. Il ne fallait donc pas traîner !

Accélérant l’allure, elle entra d’un pas décidé dans la stalle de sa monture, et commença ses préparatifs.



--------------------------------------


Le ton employé par son ami ne semblait attendre aucun commentaire, et Nathaël n’en fit pas. Il n’y avait rien à ajouter.
Nerel avait pris sa décision, et rien ni personne ne pourrait le détourner de son objectif, Nathaël le savait.
Et quand bien même, il n’avait pas l’intention de tenter de le raisonner. Il n’ignorait pas l’importance qu’accordait son ami à la famille, et partageait son opinion à ce sujet.
Ne ferait-il pas fait la même chose pour Tishyam, si celle-ci avait des ennuis ? Bien sûr que si.

Tishyam…
Il ne l’avait pas vu depuis si longtemps…

Nerel étant parti chercher ses harnachements, Nathaël quitta le box et retourna vers sa monture. Il lui flatta l’encolure, caressa sa robe de jais, et lui murmura tout bas :

- Désolé Ecume, mais nous allons devoir reprendre la route.

L’étalon fit un léger mouvement de la tête avant de se déplacer un peu comme pour signifier à son cavalier qu’il pouvait remettre les harnachements en place. Le jeune Frontalier le flatta à nouveau avant de souffler :

- Merci, je te revaudrai ça !


Il termina rapidement le brossage de la crinière qu'il avait entrepris, puis s'en alla quérir son équipement. Une fois de retour, il installa le tout sur l'équidé avec des gestes vifs mais précis et doux.

Puis, fin prêts, l'étalon et le jeune homme se dirigèrent enfin vers le box de Sable, devant lequel ils s'arrêtèrent.


--------------------------------------


C’est curieux, elle était persuadée d’avoir senti quelque chose. Etait-ce seulement la caresse timide du vent qui venait de se lever ? Ou était-ce l’ombre éphémère d’un nuage qui était parvenu à bloquer, l’espace d’une seconde, les rayons du soleil ?

Pensive, Eryn sortit du renfoncement où elle s’était réfugiée et jeta un œil autour d’elle, à la recherche de la silhouette fascinante qu’elle avait vu, quelques instants plus tôt. Mais elle ne la trouva pas.
Sans se décourager, elle inspecta lentement chacune des personnes présentes, guettant un indice, un détail révélateurs.

Rien.
Plus de démarche féline. Plus d’aura sereine.
Plus d’harmonie.

Dépitée, la jeune femme laissa échapper une exclamation de colère. Elle avait touché son but du but des doigts ! Et comme une imbécile, elle avait laissé passer la magnifique opportunité qui lui était offerte !

Que faire maintenant ? Attendre en priant une divinité quelconque que le mystérieux individu revienne sur ses pas ? Absurde. Pourquoi pas aussi demander à la cantonade si quelqu’un le connaissait !
Agacée, Eryn contempla distraitement l’auberge où avait eu lieu l’altercation. Les gardes de la Légion Noire s’étaient rassemblés face à la devanture de l’établissement et étaient en pleine conversation. Le brouhaha saccadé qui en ressortait et la fébrilité de leurs gestes témoignaient de leur agitation.

Par curiosité, et aussi pour mettre un terme à sa frustration grandissante, elle se demanda de quoi il retournait. Malheureusement, la jeune femme était trop loin pour pouvoir entendre quoi que ce soit. Elle aurait pu grimper sur le toit attenant l’auberge mais elle risquait de se faire repérer. Il valait mieux passer devant eux, et essayer de saisir une bribe ou deux à la volée.
Adoptant un air dégagé et naturel, la Frontalière fit mine de flâner et se dirigea tranquillement vers le groupe de légionnaires.

Son cœur rata alors un battement.
Il était là !
C’était trop beau pour être vrai !

Sans prendre cette fois la peine de se dissimuler, elle le dévora des yeux en poursuivant sa route, captivée.
En arrivant à la hauteur des gardes, elle entendit à peine quelques mots, au sujet d’une personne qui ne pouvait pas avoir déjà quitté la ville. Elle était bien trop occupée à admirer la finesse des mouvements de l’homme qui déambulait devant les étals.
D’ailleurs, ce dernier venait de s’arrêter devant l’un d’eux. C’était l’occasion rêvée de l’aborder !

Elle se dirigea donc dans sa direction, mais la foule devant elle était devenue compacte, probablement à cause de l’arrivée de la Légion Noire, qui comme d’habitude, générait curiosité et attroupements. Elle se fraya un chemin tant bien que mal parmi les passants, mais lorsqu’elle arriva à destination, il n’y avait plus personne.

La jeune femme étouffa un juron. Ce n’était pas vrai ! Comment avait-il pu lui échapper ? Elle ne l’avait pas quitté des yeux ! Furieuse d’avoir à nouveau échoué, elle apostropha vivement le marchand d’enjôleuses d’Hulm :


- Vous connaissez l’homme qui était là il y a une seconde ?

Le vendeur la regarda, hébété. Il ne s’était toujours pas remis de la disparition soudaine du jeune homme.


- Vous le connaissez ?
insista-t-elle avec véhémence.
- Mais… mais qui ? finit-il par répondre en reprenant ses esprits.
- Comment ça qui ? Mais l’homme qui était là !!
- Mais non, pas du tout !
s’indigna-t-il. Et je n’apprécie guère le…

Il se tut à nouveau. Eryn était déjà loin.

C’était fichu. Elle ne le retrouverait pas cette fois-ci, elle en était persuadée. Quelle chance avait-elle ? Le destin lui avait offert deux possibilités. Elle n’avait su saisir aucune des deux.

Terriblement déçue, elle escalada distraitement un mur et se mit à errer sur les toits, peu soucieuse désormais d’être remarquée par des gardes.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Mar 18 Mar - 22:38

[ Ta Paha'tex cühsee ! Tonpo sthee trayh'bi een, mouh'a jeuhl ayh'me !

... si, je t'assure, ça veut dire quelque chose. Very Happy ]

Irylin, pour sa part, était arrivée la veille au soir. La plupart de ses affaires étaient toujours empaquetées et elle se trouva prête en un clin d’œil, mais s'autorisa un détour par les réserves afin d'y prendre quelques provisions. Bâtonnets de viande de siffleur séchée et pains d'herbes vinrent emplir un second sac, puis la faëlle prit le chemin des écuries, décidée à ne pas perdre une seconde.

Attrapant au passage le harnachement de son cheval, elle déposa le tout sur la porte du box du bel animal.
C'était un petit étalon alezan brûlé, tout en finesse et en nervosité. On le devinait taillé pour la vitesse, mais douter de son endurance aurait été une cruelle erreur. La souplesse de ses mouvements dans l'espace restreint de son box, l'amplitude maitrisée de ses foulées, laissaient entrevoir au connaisseur toutes ses capacités. Et c'était encore sans compter le chant Faël...
Elle brossa soigneusement la robe de l'animal, avec une efficacité et une rapidité qui démontrait de son habitude des départs précipités. En une série de gestes précis, elle harnacha sa monture, fixa ses paquetages, puis s'empara des rênes. Elle repéra enfin Isys, elle aussi occupée à préparer sa monture. Mais, comme elle s'y attendait, Nerel n'était déjà plus dans les parages...


--------------------------------------


Et en effet, Nerel avait déjà vidé les lieux.
Quelques instants plus tôt, lorsque Nathaël s'était présenté avec son étalon devant le box où il s'affairait, Nerel n'avait pas émis le moindre commentaire. Néanmoins, la fugace expression de reconnaissance qui avait allumé ses prunelles n'aurait sans doute pas échappé à son ami.
Malgré toute sa détermination, partir seul lui laissait l'amer sentiment que ceux qui comptaient pour lui l'abandonnaient. Quant à leurs doutes envers Shyna, ils lui laissaient la désagréable impression d'une trahison. Que Nathaël l'accompagne le rassérénait quelque peu, mais pas assez pour qu'il s'apaise totalement.
Sans un mot de plus, il entraina Sable au-dehors et l'enfourcha sous la pluie battante, attendant à peine d'être installé dans sa selle pour pousser l'étalon, des jambes et de la voix. L'animal prit le grand trot pour rejoindre les portes de la Citadelle.
Et derrière elles... L'inconnu.


--------------------------------------


Et tandis qu'un marchand d'enjôleuses grommelait contre ces gens qui disparaissaient, Liam était déjà loin, faisant route vers le Nord de la ville.
L'auberge qu'il avait désignée était pleine à craquer, comme il s'y attendait. Des gens riaient, buvaient ou mangeaient, et certains s'adonnaient à divers jeu de hasard ou d'adresse. Le Marchombre mit moins d'une dizaine de secondes à repérer la mine renfrognée de son apprentie, assise tranquillement dans un recoin sombre.
Il devait admettre qu'elle suivait ses conseils : discrète, elle ne se faisait pas remarquer. Un verre de sirop de rougeoyeur posé à sa table témoignait qu'elle avait passé commande, meilleure façon de ne pas attirer l'attention du tenancier qui apprécierait peu, en cette période d'affluence, qu'on occupe l'une de ses chaises sans rien consommer. Et son regard se promenait sur l'assemblée, vigilant mais pas inquisiteur. Pas trop mal, pour une apprentie.
Un demi-sourire énigmatique étira les lèvres du Marchombre tandis qu'il s'effaçait derrière un groupe de clients, juste avant que Shyna ne l'aperçoive. Il réapparut un peu plus loin, l'air préoccupé, donnant l'impression de la chercher dans la foule et pourtant parfaitement conscient qu'elle l'avait -enfin- repéré. Pendant encore une petite minute, il joua le jeu, puis disparut à nouveau.

Shyna, qui le regardait chercher avec amusement, fronça les sourcils lorsqu'elle le perdit de vue et ne le retrouva pas. Était-il ressorti ? Non. Il n'aurait pas pu traverser la salle sans qu'elle le repère à nouveau... Quoi que...
Le doute l'étreignit. Peut-être aurait-elle dû se signaler ? Ne pas jouer ainsi avec lui ? Peut-être était-il vraiment ressorti, la cherchant au-dehors puisqu'il ne la trouvait...

- Chercherais-tu quelqu'un, jeune fille ?


Shyna maitrisa mal un sursaut, se retournant vivement dans un geste qui aurait assurément renversé son verre de sirop de rougeoyeur, si Liam ne l'avait pas ôté de la table au moment opportun.
Le Marchombre arborait à nouveau son demi-sourire, teinté cette fois de moquerie, et Shyna n'eut aucune peine à comprendre qu'il s'était joué d'elle depuis le début. La colère menaça de la submerger, mais un simple geste de Liam lui intima le calme. Posément, il remit le verre à sa place et s'assit aux côtés de son apprentie, tout en lui murmurant :

- Rappelle-toi : discrétion et patience...

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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Sam 22 Mar - 19:36

A l’abri sous le porche en bois de l’écurie et confortablement juchée sur Foudre, Isys contemplait la pluie torrentielle. Assailli par l’eau ruisselante, le paysage était devenu flou, se déclinant en mille nuances ternes de gris. L’effervescence de la ville s’était tue, happée à son tour par cette chape sombre et sans éclat. Les passants avaient désertés les lieux et les marchands s’étaient réfugiés à l’abri de leurs échoppes. Certaines avaient même fermé, les propriétaires jugeant inutile d’attendre un improbable client.
Pourtant, la Citadelle vibrait toujours en sourdine, débordante de vie malgré le déchaînement des éléments.

La Faëlle écouta le claquement vif et régulier de la pluie sur les dalles de la chaussée. Elle aimait l’eau sous toutes ses formes et le mauvais temps n’empêchait nullement ses fréquents voyages hors de la citadelle. Elle essaya de distinguer une quelconque trace au sol du départ précipité de Nerel, mais la terre s’était transformée en boue aqueuse qui rendait tout analyse vaine.

Ses pensées s’échappèrent vers son pays natal. Elle n’avait que de brefs souvenirs, mais ils étaient emplis de magie, de joie ardente. Ils cachaient au fond d’eux une émotion puissante, et une grande nostalgie. Sans s’en rendre compte, un chant Faël franchit ses lèvres, et elle se mit à chanter d’une voix basse, presque inaudible.


--------------------------------------


Aucun mot n’avait été prononcé. Nerel avait accepté en silence la proposition muette de Nathaël, puis chacun était retourné vers sa monture. Cependant, leurs regards s’étaient croisés un court instant. Le cavalier d’Ecume avait lu dans les prunelles de son ami une fugace lueur de reconnaissance. Nerel s’était ensuite détourné pour se diriger vivement vers la sortie et Nathaël n’avait eu d’autre possibilité que de le suivre. Il avait à peine eu le temps d’enfourcher sa monture, avant de la lancer au grand trot, à la poursuite de l’autre étalon.

Ils chevauchaient maintenant tous deux, côte à côte, sous la pluie battante. Ils ne parlaient toujours pas. Mais Nathaël ressentait la tension qui planait encore. Une tension au goût d’amertume, s’il ne se trompait pas, d’après les rares paroles qu’ils avaient échangées dans le box de Sable.

Le jeune Frontalier attendait que Nerel fasse le premier pas. Si tant est qu’il acceptât de le faire… Finalement, il se décida à rompre le silence et interrogea :


- Où va-t-on ?


--------------------------------------


Eryn marchait désormais d’un pas vif dans les rues d’Al-Vor. Ses émotions passées, elle était désormais contrariée d’avoir été aussi peu discrète lorsqu’elle avait retrouvé le mystérieux inconnu, et de s’être ensuite laissée aller à la déception. Ce n’était pas en agissant ainsi qu’elle atteindrait son but. Si elle voulait y parvenir, il ne fallait pas s’en détourner à la première difficulté. Son âme était la flèche, son corps l’arc. A elle de les utiliser correctement, pour que la flèche se fiche au cœur de sa cible.

Bien décidée à reprendre son entraînement, elle cherchait maintenant de nouveaux défis à relever. Elle ne grimpait pas aussi vite qu’Isys, et n’avait pas sa précision ni sa fluidité, même si, aux dires de la Faëlle, elle faisait jour après jour des progrès impressionnants.
Songer à son amie lui rappela la souplesse de l’homme qu’elle avait croisé. Elle avait remarqué la facilité avec laquelle il traversait la foule, sans heurt ni accroc. On aurait dit que plutôt de l’affronter, il se contentait de jouer, de valser avec elle, comme un danseur de tango, l’attirant et la repoussant tour à tour. A cette pensée, un sourire nouveau éclaira le visage de la jeune Frontalière. Elle n’avait pas compris la manière dont il s’y prenait, mais pourquoi ne pas essayer ? Après tout, ce n’était qu’en forgeant que l’on devenait forgeron !
Se fixant pour objectif la terrasse d’une auberge au loin, elle essaya tout d’abord de se laisser porter par le mouvement, plutôt que de le contrer. Mais en quelques minutes, elle s’aperçut de l’inefficacité de sa méthode : elle n’allait pas du tout dans la direction souhaitée !
Elle tenta ensuite de repérer les flux internes de cette masse compacte, pour les utiliser à bon escient, comme l’on monte d’un train à un autre pour se rendre à destination. Mais là encore, elle échoua. En effet, tant qu’elle parvenait à trouver une lancée qui la rapprochait de la taverne, tout allait bien, mais lorsqu’il n’y en avait pas, elle ne pouvait que se laisser porter dans l’attente d’un flot plus adéquat.
A ce rythme, elle allait y passer la nuit !

Pensive, Eryn avisa une ruelle moins peuplée, s'y arrêta et contempla l’affluence ininterrompue des passants. Elle devait réfléchir autrement. Inventer une autre solution. Voir différemment.
Les sourcils froncés par la concentration, la jeune Frontalière étudia attentivement la foule.
Au bout d’un moment, elle comprit qu’il était vain d’essayer de profiter de l’élan des différents groupements. Elle devait cesser considérer les promeneurs comme un tout. Ils formaient certes un ensemble, mais qui était composé de milliers d’éléments distincts. Chacun d’entre eux représentait une force qui lui était propre, et la rencontre de déplacements similaires n’était que le fruit du hasard.
Chercher une logique à cela n’avait donc aucun sens. Plutôt que de prévoir la résultante de ces interactions, il fallait anticiper l’impact de chaque force.
Motivée par cette nouvelle perception, Eryn reprit son analyse minutieuse. Elle choisit arbitrairement plusieurs individus, puis s’efforça de deviner la direction qu’ils suivaient. Cependant, elle s’aperçut assez rapidement que son examen était faussé par une l’absence d’une variable de taille. Elle ! Les passants se décidaient du chemin à suivre en fonction de celui des autres. S’il n’y avait personne, alors la question n’avait plus lieu d’être.
La jeune femme plongea donc au cœur ce de flot humain, avant de poursuivre sa réflexion. Elle détailla du regard un vieillard qui se dirigeait vers elle et s’effaça juste avant l’impact. Elle aperçut alors un enfant, et répéta la manœuvre. Puis ce fut le tour d’un garde. Elle s’écarta à la dernière seconde, mais ne fut pas assez rapide et le soldat la bouscula sans ménagement. Elle se retourna pour recevoir ses excuses mais il avait déjà disparu, sans un mot, happé par la foule.

C’est à cet instant qu’elle remarqua qu’elle était arrivée. Plongée dans ses pensées, elle avait presque oublié sa destination. Elle hésita un instant à continuer son exercice mais la chaleur étouffante et l’accueillante fraîcheur de la terrasse ombrée l’en dissuadèrent.
Elle s’installa à une table, demanda un verre de lait de siffleur et le but d’une traite avant d’en commander un second. Une fois désaltérée, elle s’accorda un moment de détente et profita des lieux. La taverne était accueillante, et l’agréable fumet qui s’échappait des cuisines promettait de plaisants soupers.

Il était temps de repartir maintenant. Eryn se promit de revenir tester  un jour la cuisine de l’établissement et prit la direction de l’auberge où elle s’était établie.

Sur le chemin, elle croisa de nombreux étals et l’un d’entre eux attira plus particulièrement son attention. Elle s’arrêta et contempla les marchandises qui y étaient disposées. C’étaient des plateaux composés de multitudes d’alvéoles à l’organisation variable. A côté, une kyrielle de pierres brillantes reposait dans un sachet de soie. Il y en avait deux sortes : des rouges et des bleues. Elle avait déjà vu ces objets et savait qu’il s’agissait d’un jeu mais ses connaissances s’arrêtaient là.
Un vieil homme tenait la boutique. Il ne l’avait pas encore remarquée et semblait attendre quelque chose. Un client sans doute… La repérant enfin, il se dirigea vivement vers elle avec un sourire accueillant :


- Bonjour Mademoiselle ! Vous vous intéressez au Haman Lô ?
- Bonjour ! C’est ainsi que se nomme ce jeu ?
- En effet. Vous savez y jouer ?
- Non, j’ignore tout des règles.
- Vous voulez apprendre ?
- Pourquoi pas, un jour,
répondit-elle d’un air vague, en observant distraitement les autres objets.
- Pourquoi pas tout de suite ?


Surprise, Eryn leva la tête et observa le vieillard. Son regard amusé pétillait de malice, elle crut même y lire, l’espace d’une seconde, une pointe de défi.

- Maintenant ?
- Oui !


Elle hésita un court instant, puis accepta. Après tout, elle n’était pas pressée, et l’expérience pouvait être intéressante. Le marchand l’invita à venir s’asseoir, puis se mit en devoir de lui expliquer les règles, les techniques et les figures les plus célèbres.
Ils échangèrent un moment sur le sujet, puis la Frontalière se leva pour prendre congé. Elle le remercia pour ses conseils et commençait à s’en aller lorsqu’il la retint, la priant de l’attendre quelques minutes. Il se leva, disparut de sa vue, puis revint finalement avec un petit sac dans les mains.


- Tenez,
lui dit-il en lui tendant le paquet. C’est pour vous.

Eryn l’ouvrit, et y découvrit un plateau de Haman Lô avec les pierres nécessaires au jeu, ainsi qu’une petite bourse en cuir, dans laquelle se reflétait un petit éclat doré. Puis elle referma le sac et le lui rendit.


- Merci pour votre proposition, mais je n’ai pas les moyens pour cela.
- Ce n’est pas une offre, c’est un cadeau,
sourit le vieil homme.
- C’est très gentil à vous, mais je ne peux pas accepter.
-  Mais si, prenez-le ! Considérez cela comme un remerciement pour m’avoir offert ce moment de fraîcheur et d’intelligence. Voilà bien longtemps que je n’avais pas rencontré une jeune femme aussi intéressante !


Un sourire éclaira le visage d’Eryn, mais elle ne pouvait se résoudre à garder ce présent. Nash Veliaryn, car c’est ainsi qu’il s’appelait, le comprit, et ajouta :


- Disons alors que je te le donne en paiement d’un service.


Le tutoiement était venu naturellement. La Frontalière ne s’en formalisa pas.


-  Lequel ?
- Je voudrais que tu joues une partie avec aujourd’hui.
- C’est tout ?
- Oui.
- Très bien, j’accepte. Une question, cependant : pourquoi ?


Le vieillard la regarda en silence avant de répondre :

- Il y a deux réponses à cette question. Comme à toutes les questions. Celle du savant et celle du poète. Laquelle veux-tu en premier ?
- Offrez-moi celle du savant.
- Pour te faire avancer.


La Frontalière observa longuement le marchand.


- Et que répond le poète ?


Le vieil homme ne répondit pas. Il sortit de sa poche un morceau de charbon, et traça quelques mots sur le tissu recouvrant l’étal.


Caresse du vent
Espoir de vie
Voie lumineuse


Eryn demeura immobile, son cœur battant à grands coups dans sa poitrine. Sans un mot, le regard brillant de larmes contenues, elle tourna lentement les talons.

Nash Veliaryn regarda la jeune femme s’éloigner. Un courant d’air balaya fugacement le visage marqué par les années, tandis qu’un sourire naissait sur ses lèvres.


~¤~

Le soleil avait déjà parcouru les deux tiers de sa course quotidienne quand Eryn arriva devant l’auberge. Elle ouvrit la porte et découvrit une ambiance particulièrement animée, où rires et éclats de voix se mêlaient dans un joyeux désordre.
Il y avait tant de monde que la jeune femme dut jouer des coudes pour se frayer un chemin parmi les ivrognes, les gourmands et les joueurs. Elle repéra contre un mur une petite table demeurée vide et s’y installa.
Un serveur vint s’enquérir de ce qu’elle désirait. Elle commanda un sirop de rougeoyeur, qui lui fut rapidement apporté. Eryn la savoura lentement, en observant discrètement l’hétéroclite assemblée.

Mais sa tranquillité fut de courte durée. Un individu fortement aviné s’assit devant elle. Son visage boursouflé était lardé de cicatrises et une balafre hideuse courait le long de sa joue droite. Son œil gauche, très enflé, avait pris une inquiétante teinte indigo. Un rictus édenté qui tordait ses lèvres dans une tentative de sourire, et une haleine fétide complétaient le tableau, qui aurait fait fuir une horde des Raïs.


- Salut ma jolie ! Que viens-tu faire dans les parages ?


Sans attendre la réponse, il se pencha vers elle et ajouta avec un ricanement déplaisant :

- Tu cherches des sensations fortes ?

Avec un mouvement de recul, Eryn rétorqua froidement :

- Non, et sûrement pas avec toi !


D’un geste vif, l’homme attrapa son poignet et le plaqua brutalement sur la table.


- Tu vas devoir être très gentille pour que je te pardonne cette réflexion désobligeante. Sinon mes copains et moi risquons de te faire mal…
- Je ne crois pas, non.

Aucun tremblement dans cette voix juvénile, ferme et assurée. Surpris par tant de sang-froid, son interlocuteur se figea. Son regard, embrumé par les effets de l’alcool, retrouva un peu de sa clarté, puis se durcit :


- Ah oui ? Et pourquoi donc ?
- Primo, l’aubergiste ne toléra aucune bagarre dans son établissement, il ne voudra pas perdre une partie de la clientèle de ce soir. Car il est évident que je ne te suivrai pas bien gentiment, comme tu le suggères. Secondo, je déteste les imbéciles dans ton genre. Et tertio… tu serais bien incapable de me forcer à faire quoi ce soit,
acheva la Frontalière d’une voix posée, avec un soupçon d’insolence.

Furieux, l’homme écrasa de tout son poids le poignet de sa proie, qui reprit :

- Je te parie même que je peux te ridiculiser devant tes hommes en à peine une minute ! Disons…
- elle fit mine de réfléchir - au Haman Lô !
- Petite imperti…

Il s’arrêta net à l’évocation du jeu. Le Haman Lô ! Cette petite était inconsciente, elle ne savait pas à qui elle avait à faire. Il allait la mettre à genoux, elle le supplierait de l’épargner. Finalement, ce n’était pas une mauvaise idée, cette proposition !


- Très bien, gamine. Tu as de l’or ?

Eryn ne prit pas la peine de répondre. Elle sortit le jeu que lui avait donné le vieillard et le posa sur la table. Elle s’empara ensuite du petit sac en soie, le retourna sur la table. Une multitude de pierres brillantes se déversa sur le bois poli. La Frontalière s’empara de la totalité des pierres bleues, laissant les rouges à son adversaire.


- Eborn,
tonitrua ce dernier. Haman Lô ! Viens arbitrer la partie.

Un murmure courut dans l’assemblée. Les conversations se turent, les têtes se tournèrent, et des chaises raclèrent le sol. Le serveur fut obligé de se frayer un chemin entre les clients qui s’étaient levés pour assister à la confrontation. Eborn passa derrière chacun des participants pour lui lier solidement une main dans le dos, puis il attrapa un sablier.

- Vous avez une minute pour composer la figure la plus complexe possible. Elle devra s’adapter au plateau et prendre le pas sur celle de votre adversaire. Vous êtes prêts ?
- Prêt !
cracha Oddur.

La jeune femme se contenta d’un léger hochement de tête. Le serveur renversa le sablier et les joueurs s’activèrent. Les pierres commencèrent à être positionnées sur le plateau, dans un apparent désordre bicolore.
C’était la première fois qu’Eryn jouait, elle ignorait les capacités de l’ivrogne en face d’elle, mais elle sentait qu’elle pouvait gagner. Pleinement concentrée, elle dessina lentement le dessin qu’elle avait en tête, l’adaptant en permanence aux pièces rouges qui étaient déposées.

D’un point de vue extérieur, il était difficile de deviner les formes qui s’esquissaient sur le plateau. Bien malin était celui qui pouvait prédire le gagnant de ce genre de duels, qui exigeaient habilité, créativité, et adaptabilité.

Lorsque le sable eut finit de se déverser dans l’autre partie du sablier, Eborn frappa sèchement dans ses mains. Les mains libres, qui avaient virevolté en tous sens pendant une minute, s’immobilisèrent, et tous les spectateurs se penchèrent en avant.

Oddur avait dessiné un pont à voûte au design très travaillé. Avec une telle figure, il était presque certain de sa victoire. Alors pourquoi ses amis demeuraient étrangement silencieux ? Par orgueil plus par intérêt, il jeta un œil sur l’œuvre de son adversaire. Elle avait imaginé…

Un aigle. Prêt à attaquer. Et dans ces moindres détails, avec les ailes largement déployés, le bec ouvert, toutes griffes dehors.
Sa victoire était éclatante. Indiscutable. Ecrasante.

Sans plus de formalité, Eryn ramassa les deux bourses en cuir et se désintéressa du vaincu, qui profita de la stupeur générale pour disparaître en catimini. Elle reprit la dégustation de sa boisson, dont elle apprécia la fraîcheur par rapport à l’ambiance surchauffée de la taverne.

Lorsqu’une nouvelle ombre se profila devant elle, la jeune Frontalière poussa un soupir sonore. Elle ne lui accorda aucune attention. Elle commençait à en avoir assez et fit un mouvement pour se lever, mais suspendit son geste en croisant le regard bleu acier de l’inconnu. Ses yeux semblaient lire en elle comme dans un livre ouvert et leur couleur d’azur invitait à s’y noyer. Incapable de se détourner, Eryn demeurait immobile, mi-assisse, mi-debout devant la table en bois. Au bout de ce qui lui sembla une éternité, elle sortit enfin de sa léthargie et remarqua que ces habits non plus n’étaient pas communs. Ils semblaient faits d’un cuir souple, sombre.


- Qui êtes-vous, et qu’est-ce que vous voulez ?
parvint-elle finalement à demander.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Dim 23 Mar - 20:05

Il ne fallut que quelques instants à Irylin pour rejoindre son amie, sous leur dernière protection avant la douche. Contrairement à Isys, l'idée d'être mouillée de la sorte ne laissait pas Irylin indifférente. Certes, elle supportait la pluie, et celle-ci ne suffisait pas à la ralentir significativement, d'autant plus que les brigands, par un temps pareil, faisaient ce que n'importe qui ferait : ils restaient à l'abri. Certes, elle était rafraichissante, offrait la discrétion, abreuvait la terre, et comptait encore une multitude d'autres avantages...
Il n'empêche qu'Irylin n'aimait pas la pluie. Ses teintes de gris, tristes, lui rappelaient de mauvais souvenirs. Et si le soleil tentait d'illuminer les milliers de gouttelettes, alors c'était pire.
Et puis, la pluie masquait les empreintes de Nerel. Raison de plus pour la détester.
Le chant Faël initié par Isys s'insinua alors entre les briques de morosité qui entravaient l'âme d'Irylin et entreprit de les dissoudre, porteur de tant de joies anciennes, de souvenirs heureux, qu'en un instant un vague sourire étira les lèvres sombres de la Faëlle. Elle ignorait l'origine des émotions qu'instillait Isys dans son chant, et pour l'instant, elle ne voulait pas savoir.


- Où ?

C'était la veille au soir. Elle venait de parler du vol de Sphères Graphes à Nerel et avait mentionné un nom, qui avait fait bondir le Frontalier. Jamais elle ne l'avait vu aussi tendu.


- Nerel, je t'en prie, calme-toi.
- Où, Irylin ?! avait-il insisté, pressant.
- ... À Al-Vor. D'après ce que j'ai entendu. avait-elle répondu à contre-coeur.
- Je dois y aller.
- Nerel, c'est un long voyage !
- En longeant la chaine du Poll, on le réduit considérablement. Le printemps est presque là, cela ne me prendra que quelques jours.
- Mais enfin, pourquoi aller là-bas alors que la Légion Noire y a été envoyée ? avait-elle alors questionné. Nerel avait réagi encore plus violemment que la première fois.
- La Légion Noire ?! ... Il est trop tard pour partir ce soir, mais demain, je pars dès que possible.

La jeune Faëlle s'apaisa totalement tandis que le souvenir s'estompait -elle refusait de repenser à Tishyam, et à la réaction de celle-ci en apprenant le départ précipité de son frère de cœur-, et elle regarda vers l'Ouest. La Citadelle lui cachait le paysage, mais au-delà des murailles se dressaient, ombres fantomatiques dans le rideau de pluie, les imposants pics de la chaine du Poll...
Serrant imperceptiblement les jambes, elle engagea sa monture sous la pluie battante. Il fallait rattraper Nerel au plus vite, le chemin menant à Al-Poll n'étant pas des plus accueillants...
Dès qu'elles furent sorties de la Citadelle, Irylin lança son étalon au galop, lançant dans le vent d'imperceptibles murmures aux oreilles de l'animal. Ce n'était pas encore le chant Faël et pourtant, le petit cheval semblait déjà survoler la boue comme si elle n'avait pas existé. À ce rythme-là, rejoindre Nerel ne prendrait que quelques instants -pourvu qu'il ait bien pris cette direction.


--------------------------------------


- À Al-Vor.


Faire plus concis aurait été difficile et pourtant, la réponse que Nerel donnait à son ami était complète. Ayant bifurqué vers l'Ouest en sortant de la Citadelle, il semblait évident qu'ils emprunteraient le chemin passant par Al-Poll.
L'idée que la pluie qui tombait toujours abondamment puisse se transformer en neige lorsqu'ils auraient atteint une certaine altitude ne semblait pas perturber Nerel outre mesure, pas plus que l'éventualité d'une rencontre avec des bandits ou des loups. Et si les premiers, en effet, auraient bien du mal à ressortir vivants d'un affrontement contre le fils Nil' Lumen -surtout en prenant en compte l'humeur massacrante de celui-ci-, les seconds pourraient éventuellement poser plus de problèmes au duo d'imprudents...

Sable, rendu nerveux par son cavalier, progressait toujours au grand trot, soufflant lorsque l'eau qui ruisselait sur sa tête arrivait en trop grande quantité sur ses naseaux.
Et puis, peu à peu, il cessa d'agiter la tête, orientant ses oreilles vers l'arrière. Il était, pour l'instant, le seul à percevoir le galop de deux autres chevaux, derrière eux. Et peut-être entendait-il aussi les murmures d'une voix qu'il connaissait bien, et qui avait toujours su apaiser son cavalier jusqu'à maintenant...


--------------------------------------


- Et maintenant, que faisons-nous ?
questionna Shyna, bras croisés et mine renfrognée, tandis que Liam sirotait tranquillement le lait de siffleur qu'un serveur lui avait apporté quelques secondes plus tôt.
- Tu devrais boire ton sirop de rougeoyeur.
suggéra Liam dans un demi-sourire.

Il devinait que Shyna n'avait toujours pas digéré la petite farce qu'il lui avait faite en arrivant, et qu'elle ne la digèrerait pas tant qu'il ne lui proposerait pas autre chose. Mais pour l'instant, il mûrissait son plan pour sortir de la ville. Les portes étaient surveillées, les rues quadrillées. Les légionnaires finiraient bien par venir voir ici aussi...


- Et une fois que je l'aurai terminé, ce fichu sirop, que ferons-nous ?
insista Shyna.
- Nous attendrons.

La jeune apprentie -qui était plus Frontalière qu'Apprentie à cet instant précis- émit un soupir excédé.

- Attendre quoi ?
- L'Instant, jeune apprentie. L'Instant.
- Quel instant ?! ... D'accord, j'abandonne. Quand vous aurez décidé d'être clair, faites-moi signe.
grommela-t-elle tout en s'emparant de son verre.

Elle fit son possible pour ignorer le sourire qui étira plus largement les lèvres de Liam, et se plongea dans une contemplation boudeuse du liquide emplissant son verre.

C'est ainsi qu'elle manqua, quelques instants plus tard, l'entrée d'une autre Frontalière dans l'auberge.
Liam, lui, ne lui prêta qu'une attention limitée, avant de poser à nouveau son regard orangé sur elle. Une fraction de seconde lui suffit à transformer le doute en certitude, la supposition en évidence. Il connaissait cette silhouette. Par deux fois déjà, il l'avait remarquée, avait senti le regard qu'elle dardait sur lui. Peu discrète mais observatrice, elle ne lui avait pas pour autant paru hostile et il avait bien vite mis ce détail de côté.
Mais pour la troisième fois, elle se retrouvait au même endroit que lui. Il avait bien du mal à croire aux coïncidences, aussi focalisa-t-il son attention sur elle, la regardant traverser la masse compacte des clients pour aller s'asseoir à une table libre, un peu plus loin. Il ne put s'empêcher de comparer son apprentie à sa compatriote, remarquant avec amusement que Shyna aurait probablement joué des coudes de la même façon, quelques mois plus tôt.
Aujourd'hui, elle avait avancé sur la Voie et était capable de se jouer d'une foule immobile, sans même se faire remarquer. Elle avait avancé... Mais le Maître Marchombre avait la désagréable impression qu'un obstacle gênait la progression de son élève. Un obstacle qu'il percevait mais n'arrivait jamais à identifier, malgré toutes ses tentatives.
Avisant l'ivrogne qui s'avançait vers la table de la Frontalière, il songea qu'il avait peut-être de quoi changer les idées de Shyna. Frôlant le bras de son apprentie pour réclamer son attention, il désigna la jeune fille, dont le poignet était désormais bloqué sur la table.


- Dis-moi qui elle est.
- Je ne la connais pas !
répliqua Shyna, s'attirant un regard sombre du Marchombre.
- J'ai dit "qui elle est", pas "quel est son nom". Tu me semblais pourtant être la mieux placée pour savoir qu'un Nom n'est rien.


Consciente de sa faute, Shyna se contenta d'acquiescer et observa un instant la Frontalière occupée à repousser son ivrogne.


- C'est une Frontalière...
- Tu m'impressionnes.
ironisa Liam.
- Ca résume pourtant bien ce qu'elle est.
tenta de se défendre Shyna en faisant de l'esprit. Liam lui décocha un regard moqueur.
- Ainsi donc, elle t'est semblable en tous points ?
questionna-t-il, la prenant à son propre jeu.
- Impossible. nia Shyna, tentant de tenir bon. Moi, je suis Frontalière et apprentie Marchombre.
- Voyez-vous ça. Ne serait-ce pas de l'orgueil que je perçois dans tes propos ? Prends garde, cela pourrait rendre la Voie glissante sous tes pieds, jeune fille...
la prévint Liam, sans qu'elle sache s'il était sérieux ou non.

Puis l'ivrogne appela l'un des serveurs pour une partie de Haman Lô, rappelant l'attention de Shyna sur la jeune Frontalière.

- Audacieuse, peut-être un rien suicidaire...
commenta l'apprentie, tandis qu'Eborn nouait les mains des concurrents. ... ... Peut-être juste consciente de ses capacités. corrigea-t-elle en voyant la main d'Eryn voleter au-dessus du plateau, tandis que les pierres s'agençaient progressivement. Lorsque la silhouette de l'aigle s'esquissa, Shyna sourit. ... Elle va gagner.
- Je ne te demande pas de pronostic. Juste des observations.
lui rappela Liam.
- ... Créative. Audacieuse. Sûrement une bonne combattante, vu la poignée de son sabre. Je me demande ce qu'elle fait là.
souffla Shyna après un instant passé à l'observer boire son sirop de rougeoyeur.
- Elle cherche quelque chose...
murmura Liam en voyant Eryn se figer dans son mouvement pour se lever.
- Je vous demande pardon ?
- Je disais que ta vision n'est pas assez globale, jeune apprentie. Il y a quelqu'un que tu n'as pas remarqué.


À l'instant où il prononçait ces mots, il réalisa son erreur. Destinée à aiguillonner la fierté de Shyna, sa phrase était la phrase de trop. La phrase qu'un Marchombre digne de ce nom n'aurait pas dû prononcer.
La silhouette de cuir sombre qui se dressait maintenant devant Eryn n'était pas empreinte d'Harmonie, ni même de Sérénité. Elle suintait la malfaisance et le Chaos, sous un masque hypocrite de souplesse et d'agilité. Quiconque les connaissait aurait identifié sans peine l'homme face à la Frontalière.
Mercenaire du Chaos.

Mercenaire du Chaos.
L'évidence frappa Shyna avec une telle violence qu'elle serra le bord de la table pour ne pas vaciller. Comment avait-elle pu ne pas le voir jusqu'à maintenant ? Comment avait-elle pu tolérer sa présence ici ?!


Tu ne seras jamais Marchombre.


Liam tressaillit en percevant la flamme de haine pure qui s'était allumée dans les yeux de son apprentie. Comprit que son erreur s'étendait bien au-delà de ce qu'il avait d'abord cru. Tressaillit encore en remarquant trois autres silhouettes de cuir sombre et souple. Non, quatre... ils étaient au moins quatre.
Il posa une main ferme sur l'épaule de Shyna, qui s'était déjà à moitié levée.

- Toi, tu restes ici.
ordonna-t-il, intransigeant.
- Mais c'est... gronda Shyna, la main déjà refermée sur la poignée de son sabre.
- Je sais. Tu serais morte avant d'avoir fait dix pas dans sa direction. Reste ici. répéta-t-il.

L'instant suivant, il s'était coulé parmi les clients, tantôt visible et avançant d'un pas négligé, tantôt fauve en chasse dissimulé derrière un quelconque abri.
Son regard orangé ne lâchait plus la petite arbalète que tenait l'un des Mercenaires. Celui-ci était devenu sa première cible, celle qu'il fallait atteindre avant le début des combats.
Avant même que l'homme ne ressente une présence à ses côtés, l'acier étincela et le marchombre frappa. Un seul coup de poignard en plein cœur, mort instantanée. Un corps vêtu de cuir sombre s’affaissa sans un bruit dans l'auberge... Et d'autres s'élancèrent.
Instinctivement, Liam reporta son regard vers la place qu'occupait Shyna et cracha un juron en découvrant son apprentie qui se levait et tirait son sabre, la flamme de haine dans ses prunelles devenue brasier entre-temps.

Shyna, en effet, s'était levée. Trop d'images venaient se superposer à celle qui s'imprimait sur sa rétine, trop de souvenirs venaient malmener cette blessure laissée béante dans son âme. Cette haine qu'elle remâchait depuis près de deux ans maintenant venait d'exploser, et cet homme en face de la Frontalière allait payer le prix fort. Ce Mercenaire.
Toute harmonie oubliée, Shyna traversa l'espace qui la séparait de l'homme...
Voulut le traverser.
Les réflexes prodigieux que l'entrainement Marchombre lui avait procurés lui permirent d'éviter le bout d'un sabre, qui ne trancha qu'une mèche de cheveux châtains au lieu d'une carotide. L'entrainement au sabre prodigué par Nerel prit le relais et elle para une seconde attaque, enchaina par une riposte flamboyante, portée par sa haine qui avait encore augmenté lorsqu'elle avait découvert que son adversaire était lui aussi des Fils du Chaos.

Mais si sa haine n'avait pas été aussi aveuglante, Shyna aurait vu, et bien vite compris, qu'elle avait opté pour la mauvaise stratégie en se découvrant si maladroitement. Elle était habile, certes. Apprentie Marchombre et Frontalière, de plus. Mais que valait-elle si elle devenait la cible de plusieurs tueurs surentrainés ?...
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Mer 2 Avr - 19:31

[Le rythme et la musicalité sont encore à revoir mais j'avais envie de poster ! xD]

Les deux Faëlles avaient lancé leur monture à la poursuite de Nerel. La pluie tombait toujours, drue, serrée. La visibilité, déjà faible, diminua encore avec l’arrivée d’un épais brouillard qui s’étendit comme une chape de plomb sur le paysage nordique.  
Elles devaient faire vite. Elles ne disposaient que des informations d’Irylin concernant la destination de  Sable et de son cavalier, et le temps maussade avait brouillé toutes les traces de leur passage. Si Nerel changeait de direction, elles n’auraient plus aucune chance de le rejoindre.

Un détail attira l’attention d’Isys sur Foudre. La jument bougeait les oreilles, comme si elle essayait de percevoir quelque chose. Etait-ce vraiment le cas, ou se contentait-elle de chasser l’eau qui se déversait incessamment sur elle ?



--------------------------------------


Al-Vor.
La cité se situait à l’exact opposé de la Citadelle, mais au lieu d’obliquer vers le sud, ils chevauchaient plein ouest, en direction d’Al-Poll. Ce n’était pas le chemin le plus rapide, mais Nathaël n’émit aucun commentaire. Nerel, de toute façon, ne semblait guère enclin à poursuivre la conversation et le silence retomba, uniquement rythmé par le bruit sourd et régulier des sabots sur le sol détrempé.

Concentré sur l’étrange musique que composaient le galops des deux étalons, Nathaël repéra facilement la touche dissonante mais lointaine qui perturba soudainement la répétitive mélopée. Des cavaliers s’approchaient. Cependant, localiser la direction d’où ils provenaient était chose impossible. Le fracas de la pluie brouillait les sens et un épais brouillard était descendu, faussant totalement la donne.

Le jeune Frontalier se tint sur ces gardes. Amis ou ennemis, simples passants ou bandits, il était prêt à dégainer au moindre mouvement suspect.
Les pas se rapprochaient. Ils n’allaient pas tarder à être fixés.

Et en effet, quelques minutes plus tard, deux silhouettes sombres se découpèrent de l’opacité du brouillard. Le regard vrillé sur elles, Nathaël attendit.
Soudain, un infime détail perçu du coin de l’œil le poussa à faire un écart.
Il était temps !
Une lame aiguisée avait fusé dans sa direction.
Visiblement, ils n’étaient pas amicaux… Mais combien étaient-ils exactement ?
Le jeune homme sortit le sabre qu’il portait dans le dos et se prépara à l’assaut.


--------------------------------------


Eryn se morigéna pour la deuxième fois de la journée. Comment avait-elle pu être aussi inattentive ?
Elle ignorait totalement qui était l’homme qui lui faisait face, mais il était aisé de comprendre que ses intentions ne pouvaient être que malfaisantes. L’aura qui se dégageait de lui était en totale opposition avec celle qu’elle avait ressenti aux côtés du vieux marchand de Haman Lô.

Un sentiment d’urgence s’empara d’elle. Elle devait se sortir au plus vite de ce mauvais pas, avant que les choses s’enveniment encore davantage. Il n’était plus temps de poser des questions ou de s’interroger. Il fallait agir et maintenant !

Comme s’il lisait dans ses pensées, le mercenaire se projeta brutalement en avant, armé d’un sabre redoutable qui venait de se matérialiser entre ses mains. Eryn n’eut d’autre choix que de soulever la table et de s’en servir comme bouclier pour contrer l’assaut meurtrier.
Une demi-seconde plus tard, la lame s’enfonça dans le bois, aussi souplement que s’il s’était agi d’une motte de beurre, et s’arrêta à quelques millimètres de l’endroit où s’était tenue la jeune femme.

Car cette dernière ne l’avait pas attendu. D’un mouvement souple, elle s’esquiva du coin qui l’enfermait et entravait sa liberté de mouvement. Profitant de la poignée de secondes qui lui était offerte, elle s’empara du sabre dans son dos, repoussa de l’autre main une table, et se mit en garde, dans le peu d’espace dont elle disposait.

Juste à temps.
Une attaque violente faillit la cueillir sur le côté droit, mais rencontra au dernier moment l’acier de la Frontalière.
Il était adroit…
Elle riposta immédiatement par un coup d’estoc agressif, afin de forcer son adversaire à reculer.
L’homme fit plusieurs pas en arrière, bousculant brutalement plusieurs personnes qui n’avaient pas encore eu le temps – l’intelligence ? – de quitter les lieux.
Puis il revint à la charge.
Plus vite.
Plus fort.

Eryn para un nouvel assaut, et contre-attaqua. D’un geste vif, elle esquissa une botte frontale mais feinta à la dernière minute en se déplaçant, pour porter son attaque sur les flancs.
Surpris par ce mouvement aussi habile qu’audacieux, le mercenaire, qui s’était contenté de parer le premier coup, ne put éviter le second, auquel il ne s’attendait pas. La lame mordit la chair et ouvrit une profonde entaille.
Déséquilibré, et en proie à la violente douleur qui se diffusait en lui, il tenta une nouvelle fois d’atteindre sa proie et bondit sur elle.
Mais elle ne l’attendit pas plus que la première fois. Elle plongea au sol pour l’esquiver, sortit le poignard ceinturé à sa cheville, et le planta profondément dans le tendon d’Achille de son ennemi, qui lâcha son arme et tomba à genoux.
Eryn en profita pour lui porter le coup de grâce, avant de se tourner vers un nouvel adversaire, qui déjà prenait le relais.

Déplacer, contrer, riposter.
Bouger.
Un fleuret affuté fusa vers sa gorge. Elle eut à peine le temps de s’écarter de la trajectoire mortelle et entendit l’air vibrer près de son oreille.
Parer.
Elle se remit en garde avant de contrer une offensive au niveau de sa jambe droite.
Contre-attaquer.
Elle repoussa avec violence son assaillant, mima une frappe de taille vers l’épaule mais changea délibérément de stratégie et prit le fer pour se glisser près du torse aux vêtements sombres. Puis elle y enfonça de toutes ses forces une dague, s’éloigna un peu, avant d’envoyer son rival au sol d’un puissant coup de pied dans le ventre.

Et de deux.

Tout en remerciant mentalement son entraînement prodigieux au combat, elle risqua un coup d’œil autour d’elle pour évaluer la situation.
Elle n’était pas la seule à lutter contre les Mercenaires du Chaos. Plusieurs clients s’étaient lancés dans le combat et tous utilisaient la moindre arme à leur disposition.
Il y avait également un homme. Et une autre Frontalière, qui semblait être du même âge qu’elle. D’ailleurs, tous deux…

Une sensation ténue stoppa net la réflexion d’Eryn.
Si discrète qu’elle faillit passer à côté. Mais parfaitement identifiable. Quelque chose, ou quelqu’un, avait pénétré les Spires de l’Imagination.
A cet instant, un mercenaire se matérialisa derrière sa compatriote, qui, occupée à se défendre, ne l’avait pas encore remarqué.
Un Mentaï.
Eryn comprit rapidement ce qu’il avait l’intention de faire. Il était rapide. Trop même. Si elle ne faisait rien, sa cible allait succomber. Et il était trop tard pour dessiner une défense efficace.

Elle devait empêcher cela. Elle se mit à réfléchir à toute vitesse.
Que faire ? Hurler pour la prévenir aurait été vain. Un vacarme effroyable régnait dans l’établissement.
La pousser pour la mettre hors d’atteinte ? Impossible, une masse compacte de combattants interdisait toute tentative de fuite.
Elle n’avait qu’une seule solution : se fier à son instinct.

Tout se déroula très vite.
Eryn propulsa ses derniers poignards vers le mercenaire pour l’empêcher d’achever les rangées de lances aux pointes acérées qui naissaient lentement au plafond. Mais il l’évita avec aisance tout en continuant de dessiner.

Elle n’avait pas le choix, si elle voulait le déconcentrer, elle devait être imprévisible.

Sans hésiter, elle se jeta sur lui.
Les deux corps roulèrent sur le sol, tandis que le piège meurtrier vacillait dans le néant.
Mais le Mentaï n’avait pas dit son dernier mot. En une fraction de secondes, il faufila sa main entre lui et la Frontalière, et la poignarda d’un mouvement sec avec la lame tranchante qu’il venait de faire apparaître. Puis il la repoussa brutalement et se releva.

Du moins, tenta.
Un reflet brillant l’incita à baisser les yeux.
Une poignée en acier dépassait de son ventre.
Hébété, il l’observa sans comprendre. Elle n’était pas armée, il en était certain.
Un détail attira son attention.
Cette marque en haut du manche. Il la connaissait.
Et cette autre, là.
Ebahi, il ouvrit grand les yeux alors que la lumière faisait jour dans son esprit.
Cette dague.
C’était la sienne.
Elle l’avait retournée contre lui…

~¤~

Eryn contemplait avec satisfaction le plafond, qui avait retrouvé son apparence habituelle.
Les combats n’étaient pas terminés, elle le savait mais elle ne parvenait pas à s’en inquiéter.
Elle flottait dans une sorte de douce euphorie. Sa compatriote était sauvée, plus rien n’avait d’importance.
Pas même l’étrange chaleur qui se dégageait de son ventre.
Pas même la curieuse impression que quelque chose s’en échappait.
Lorsque la douleur parvint enfin jusqu’à son cerveau, irradiant chaque infime parcelle de son être, elle se contenta de l’observer avec détachement et curiosité.
Elle avait mal. Atrocement mal.
Mais cela n’avait plus d’importance…
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Ven 4 Avr - 22:20

[ allez, je tiens plus, je poste ! J'envisageais de poursuivre un peu plus la partie ELS, mais j'ai le sentiment d'étouffer ma narration, et puis Eryn peut peut-être percevoir encore quelques détails. ^^ ]

Le petit étalon d'Irylin, qui avait jusque là couché les oreilles pour les protéger de la pluie, les pointa soudainement en avant. La Faëlle se redressa en même temps que l'animal lorsqu'il ralentit brusquement. Elle faillit ne pas comprendre, mais un tintement clair retentit à travers le brouillard, à la fois lointain et proche.
Un tintement qu'on ne pouvait ignorer.
Acier contre acier.
La Faëlle cracha un juron, maudissant l'absence de visibilité qui rendait inutiles ses capacités d'archère, et serra vigoureusement ses talons, lançant à nouveau son étalon au galop.


- Va Cerion, va !
murmura-t-elle à travers la pluie, toute son attention focalisée sur le chemin devant elle.

Elle entendit tout d'abord le hennissement de Sable, empli de colère et de défi.
Puis elle entrevit Nathaël et Ecume, agités.
La fraction de seconde suivante, elle perçut la manœuvre d'un autre cavalier.
Épée en main.
Enfin, elle devina Nerel.
L'action se dessina en un éclair dans l'esprit de la Faëlle. Elle se redressa, profita d'un rebond de sa monture pour se regrouper et poser ses pieds sur la selle.
Quelques mots aux sonorités chantantes parvinrent aux oreilles de Cerion, et elle sentit la croupe de l'étalon s'abaisser, son dos s'arrondir tandis qu'il stoppait net et plantait ses antérieurs dans le sol.
L'instant suivant, elle était propulsée dans les airs par une ruade magistrale, fendant la multitude de perles humides suspendues dans l'espace.



--------------------------------------


La lame avait sifflé aux oreilles de Nerel, le ramenant brutalement à la réalité et surtout, à la précarité de leur situation. Par chance, Nathaël avait évité le projectile à temps, mais le danger était désormais tout proche : deux silhouettes se découpaient nettement dans l'épais brouillard qui enveloppait tout.
L'une des deux lança sa monture au galop sur le jeune Frontalier, et l'éclat d'une lame brilla à travers le rideau de pluie. Sable, oreilles couchées et dents découvertes, se cabra en poussant un hennissement de défi, prêt à charger dès que son cavalier le lui ordonnerait. Nerel lui avait appris cette manœuvre, sachant bien que l'aspect imposant de sa monture était parfois suffisant pour troubler les chevaux des ennemis, et déstabiliser ceux-ci dans leur assaut.
Mais cette fois, le jeune homme en avait décidé autrement et sauta à terre, dégainant son sabre dans le même geste. Lorsque Sable reposa ses antérieurs sur le sol, une lame passa au-dessus de la selle. Un coup puissant qui aurait éventré Nerel s'il était resté là... L'épée, déviée par celui qui la maniait pour tenter d'atteindre sa cible, ne fit que glisser sur l'acier du Frontalier.
Tandis que Sable s'écartait, Nerel suivait du regard le cavalier qui, après l'avoir manqué, freinait son cheval et lui imposait une volte afin de revenir sur sa cible avant de s'approcher trop près de Nathaël. Un autre galop perça alors le bruissement têtu de la pluie sur la roche, quelque chose frôla Nathaël et Ecume, puis une silhouette se découpa...
Dans le ciel.
Bras écartés, corps arqué, la silhouette infléchit brutalement la parabole épurée qu'elle effectuait.
D'oiseau, elle était devenue flèche.
Elle frappa sa cible de plein fouet.

Le cavalier qui s'apprêtait à revenir sur Nerel n'eut même pas le temps de lever les yeux pour comprendre ce qui stupéfiait tant sa proie, avant d'être percuté par quelque chose qu'il n'identifia pas.
Qu'il n'identifierait jamais.
Désarçonné par l'impact puis projeté sur les roches, il y resta immobile et inerte, nuque brisée. Son cheval, apeuré, prit la fuite tandis que la silhouette se relevait.


- Tu exagères, Nery'. Tu aurais au moins pu nous attendre avant de commencer à jouer.
déclara Irylin, dont la chute avait été totalement amortie par sa victime.
- Irylin ! Tu...
- Plus tard.
trancha la Faëlle, poignard en main, soudainement très sérieuse.

Silencieux, le petit étalon alezan vint se placer aux côtés de Nathaël.
Trois autres cavaliers étaient venus s'ajouter à celui qui n'avait pas bougé. Nerel serra la main sur la poignée de son sabre tandis qu'un rictus mauvais déformait son visage. Ces brigands-là avaient bien mal choisi leurs cibles...



--------------------------------------


Un instant, Liam avait envisagé de rejoindre son Apprentie.
Un instant qui n'avait duré qu'une infime fraction de seconde.
Il effaça les épaules, laissa filer une lame à quelques millimètres de son torse. Destinée à lui fendre le crâne, elle ne fendit que le bois d'une table où elle se verrouilla. Le coude du Marchombre s'enfonça sous le plexus du Mercenaire, puis Liam pivota sur ses appuis, dévia du bout de son poignard un sabre qui voulait l'embrocher. La lame se ficha sous la clavicule du précédent Mercenaire, Liam n'était déjà plus là.
Le poignard de Liam décrivit un arc-de-cercle, trancha une carotide, bloqua une autre lame
, et le Marchombre frappa du talon, brisant une rotule. Poursuivant son geste, il s'abaissa, laissa siffler une dague au-dessus de sa tête, pivota, changea son poignard de main, frappa son assaillant à l'aine et se releva, laissant à peine le corps du Mercenaire le frôler tandis qu'il s'écroulait.
Ni les clients de l'auberge, ni les Fils du Chaos n'étaient capables de le suivre. Le Marchombre était mouvement, fluidité et précision mortelle. Chacun des coups qu'il portait éliminait un adversaire, chacun de ses mouvements avait une raison d'être. Esquive, placement, frappe, esquive.
Déplacement.
Vers Shyna.
Il n'avait pas perdu de vue son Apprentie.


~¤~

Le sabre de la Frontalière, pourtant peu adapté à un espace restreint, virevoltait, tournoyait, et causait des ravages. Un écran d'acier tranchant avait stoppé chacune des attaques qui lui avaient été portées jusque là, sanctionnant sans pitié la moindre erreur de ses adversaires.
Le Sabre des Frontaliers, l'Harmonie des Marchombres. S'il n'y avait eu la Haine pour la perturber, Shyna aurait pu être invincible.
Une première attaque perça ses défenses, trancha le cuir de sa tunique et traça une ligne de feu sur son côté droit. La réplique fut foudroyante, et le bout du sabre de la Frontalière se ficha dans le cœur du Mercenaire qui l'avait blessée.
La réalité se fraya un chemin jusqu'à son esprit, tout aussi incisive que la lame qu'elle maniait.
Trop d'adversaires, trop de paramètres, et un cruel manque d'attention. Liam le lui avait pourtant fait remarquer quelques instants plus tôt...
...ta vision n'est pas assez globale, jeune apprentie.

Les secondes qui suivirent parurent infinies à Shyna.
Une foule d'information lui parvint, tandis qu'elle s'ouvrait à ce qui l'entourait.
Elle perçut le dessin prêt à basculer dans la réalité, déjà bien trop présent pour qu'elle puisse espérer le modifier.
Perçut ensuite le mouvement de l'autre Frontalière, qui s'élançait vers elle.
Perçut enfin, mais trop tard, la présence du Mentaï juste derrière elle.
Eryn était déjà à terre, son sang formait une tache qui s'élargissait à une vitesse inquiétante sur sa tunique.

La panique menaça de s'emparer de l'apprentie Marchombre, mais le sifflement d'une lame à quelques millimètres de sa joue la rappela à l'ordre. On ne sauve pas quelqu'un en étant mort soi-même !
La détermination remplaça la haine, elle se détourna des corps d'Eryn et du Mentaï, revint sur ses adversaires, voulut reprendre le combat... L'évidence faillit l'abattre.
Un Marchombre est mouvement, c'est ce qu'elle avait toujours pensé, ce qu'elle avait cru apprendre. Mais elle devait protéger sa compatriote qui, grièvement blessée, ne pouvait bouger.
Elle était privée de mouvement.
Privée de liberté.
Elle n'était plus marchombre...

Tandis qu'elle écartait une lame d'extrême justesse, un éclat orangé perça le tumulte qui agitait la taverne. Et l'espace d'un instant, elle aperçut son Maître Marchombre. Esquives, attaques, pivots et déplacements s'enchaînaient avec fluidité, donnant l'impression qu'il exécutait une chorégraphie en compagnie de ses adversaires. Il dansait, insaisissable et imprévisible, léger comme une brise d'été et, l'instant suivant, aussi puissant qu'un ouragan. Mais durant tout ce temps, il avait à peine bougé d'un mètre.
Cette image lui donna une force nouvelle, tandis que le terme de "Liberté" se parait d'un sens inédit : sa Liberté ne s'arrêtait pas à sa capacité à se déplacer, ni aux entraves que l'on pouvait lui imposer. Elle n'avait pas besoin de se mouvoir dans l'espace, il lui suffisait d'être cet espace.
Cantonnée à la défensive depuis quelques secondes, elle changea brutalement de tactique, rengaina son sabre d'un geste vif...

Et redevint Marchombre.
Elle vrilla le buste pour laisser passer un coup visant son cœur, s'empara du bras du Mercenaire qui plongeait en avant, surpris de ne rencontrer que du vide. Modifiant ses appuis, elle accentua le déséquilibre, l'orienta vers le sol, focalisa les énergies... Le Mercenaire s'envola un bref instant, pour aller s'empaler sur la lame de l'un de ses comparses qui voulait se jeter dans la mêlée.

Qu'il dure une seconde ou une heure, un combat est un seul geste, un seul souffle.

Cette phrase si souvent répétée par Liam s'éclaira tout à coup, tandis qu'une machette allait s'abattre sur elle. Déjà presque à genoux, Shyna laissa simplement son mouvement se poursuive, roula, se releva, frappa. La machette tomba loin devant elle tandis que son coude enfonçait la trachée du Mercenaire qui avait cru la surprendre. La dague qui fusa vers sa gorge se perdit dans le vide, elle referma sa prise sur le poignet de son attaquant -non, de son attaquante !- et le tordit sauvagement. La jeune Mercenaire poussa un hurlement de douleur et Shyna la repoussa sans ménagement, l'envoyant trébucher sur une chaise à demi brisée. Abandonnant cette ennemie temporairement neutralisée, elle se retourna vivement, ayant perçu l'approche d'un homme vers sa compatriote à terre...

Elle rencontra un regard orangé, insondable.


- Jeune fille, je crois que nous devrions envisager la fuite.
déclara Liam avec ce calme qui le caractérisait, tout en chargeant précautionneusement Eryn dans ses bras.

Shyna s'attarda une seconde sur la deuxième tache de sang qui s'étalait sur le plancher de la salle, à côté de l'endroit où gisait la Frontalière. Où était passé le Mentaï ?!
Mais le temps n'était ni à l'enquête, ni même au doute. Les quelques Mercenaires restants étaient pour l'instant submergés par les plus courageux des clients, et il ne faisait aucun doute que la Légion Noire ne tarderait pas à venir mettre un terme aux affrontements. Liam, une fois de plus, avait raison : il était temps de partir.
Malgré son fragile colis, le Maître Marchombre se fraya un chemin sans heurt à travers les combats, escorté de Shyna qui n'eut qu'une seule attaque à repousser. En quelques instants, ils retrouvèrent l'air frais de l'extérieur, et le calme du début de soirée...
Un calme rompu par le rythme caractéristique de soldats s'approchant au pas de course. La Légion Noire ! Liam se coula dans un recoin sombre et Shyna bondit derrière un tonneau tout proche, laissant les armures de Vargelite investir l'auberge en force.


- Mirage est dans le box voisin de Souffle.
murmura Liam à Shyna lorsque le calme fut retombé. Va les chercher, je t'attends ici. lui enjoignit-il.

Pour une fois, la jeune fille n'émit aucune protestation et prit rapidement la direction de l'écurie où elle avait laissé son étalon, filant d'ombre en ombre tout en surveillant les alentours.
Une fois seul avec Eryn, Liam la déposa délicatement contre un mur et entreprit de l'examiner rapidement, le temps que Shyna revienne. La largeur de la blessure et la quantité de sang que la jeune Frontalière avait déjà perdu ne laissait aucun doute sur la suite des évènements : elle allait mourir. À moins que...
Une seconde à peine, le Marchombre hésita. Il avait eu du mal à former un duo avec Shyna, à tisser un lien avec elle. Ni l'un ni l'autre n'avait facilité les choses, mais ils avaient trouvé un semblant d'équilibre. L'idée d'y introduire une troisième personne ne l'enchantait donc pas, mais il refusait catégoriquement de laisser mourir cette jeune fille au fond d'une ruelle. Il savait, il sentait que cette décision ne simplifierait pas leur situation déjà compliquée, mais il ne se laissait pas d'autre choix : il fallait emmener la blessée à Ondiane.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Mer 9 Avr - 19:47

[Mini-post... ^^"]

Sans avoir besoin des indications de sa cavalière sur la marche à suivre, Foudre s’élança à la suite de Cerion. Elle le rejoignit facilement et s’arrêta non loin de lui et d’un autre étalon que la Faëlle ne connaissait pas.

Mais pour l’instant, il y avait plus urgent. A l’instar de sa compatriote, Isys avait nettement perçu le chuintement de lames fendant l’air et le crissement métallique de l’acier. Visiblement, Nerel n’était pas uniquement en bonne compagnie…

A son tour, elle s’élança dans la mêlée.


--------------------------------------


Sans prendre la peine de fouiller les alentours du regard à la recherche de son adversaire, Nathaël ferma les yeux.

Quand tu ne peux pas faire contre, apprends à faire avec…

Les paroles de son père résonnèrent dans son esprit.
Il écouta la pluie tomber sur le sol dans un bruit mat, perçut le hennissement de Sable, sentit le mouvement de Nerel… et localisa le galop étranger. Le bandit revenait à la charge. Avec précision et vivacité, le Frontalier sortit son sabre de son fourreau, lui fit parcourir un large arc de cercle et contra l’acier meurtrier qui filait vers sa gorge. Puis d’une souple mais puissante rotation du poignet, il désarma son adversaire et envoya valser sa lame à quelques mètres. A cet instant, un chuintement feutré lui apprit que son ennemi avait une nouvelle arme à sa disposition. Un deuxième galop se joignit alors au premier mais il s’éloigna à nouveau.
Se remettant en garde, Nathaël s’apprêtait à parer un nouvel assaut lorsqu’un sifflement caractéristique lui fit faire un brusque écart sur le côté.
Il entendit alors un bruit mou accompagné d’une soudaine giclée d’eau et ouvrit les yeux.

L’homme était à terre et une magnifique jeune femme se tenait près de lui, occupée à retirer le poignard imbibé de sang du corps inerte. Fine et élancée, elle avait une chevelure couleur neige qui tombait sur ses épaules et dégageait une assurance et une puissance certaines.

A cet instant, la voix d’Irylin s’éleva, un brin moqueuse :
- Tu exagères, Nery'. Tu aurais au moins pu nous attendre avant de commencer à jouer.

Nerel eut à peine le temps d’ouvrir la bouche pour répondre que déjà, trois nouvelles ombres étaient apparues au côté du cavalier qui n’avait pas bougé et semblait se contenter d’observer la scène.


- Tiens, nous avons de la compagnie,
murmura Nathaël, sans que personne ne sache s’il faisait allusion seulement à l’arrivée des trois silhouettes sombres ou aussi à celles des deux Faëlles.

Le regard vrillé sur leurs adversaires, il se prépara à l’assaut.



--------------------------------------


L'euphorie initiale dans laquelle elle baignait avait désormais totalement disparu.
Ne restait que la souffrance, lancinante.

Un sursaut de conscience la fit revenir à ce qu'il se passait autour d'elle.
Elle avait senti un courant d'air. Deux, pour être plus exact.
L'un, froid comme la mort. L'autre, chaud et bienveillant.
Son regard se posa d'abord sur sa droite. Une tâche sombre et au diamètre conséquent s'étalait sur le sol. Mais son auteur semblait s'être volatilisé.
Le Mentaï.
Où était-il ?
Elle l'avait mortellement blessé, elle le savait. Mais alors pourquoi ne le trouvait-elle pas ?
Eryn s'efforça de poursuivre sa réflexion mais la migraine qui explosa soudain dans son cerveau lui fit serrer les dents, tandis que sa concentration volait en éclat.
La Frontalière étouffa un juron.
Ses pensées s'étiolaient lentement, comme un rêve qui s'efface à mesure qu'on cherche à le retenir.
Elle devait rester consciente. Ce n'était pas un devoir, mais une nécessité.
Luttant de toutes ses forces contre la torpeur qui menaçait à nouveau de l'envahir, elle puisa dans ses dernières réserves et tourna la tête.
Un éclair orangé vint frapper sa vue.
Il y avait un homme près d'elle. Son aura lui sembla curieusement familière mais Eryn renonça à chercher pourquoi. Elle savait seulement qu'il n'était pas menaçant, et pour l'instant cela lui suffisait.

Elle avait sommeil.
Il fallait résister.
Il était impensable de mourir ici, maintenant et sans même savoir pourquoi.
Mais que pouvait-elle faire dans son état ? Ses forces l'abandonnaient peu à peu et le néant l'attirait à lui comme un aimant.
Elle sentit quelque chose entourer ses épaules et ses jambes, la soulever un instant avant de la reposer sur une surface glaciale.
Un courant d’air froid vint gifler son visage, l’arrachant à nouveau de la brume qui s’emparait de ses sens.

Elle ne pouvait pas rester comme ça, elle devait essayer quelque chose. Renoncer n’avait jamais fait partie de son vocabulaire, ce n’était pas maintenant que cela allait commencer.
Dans un monumental effort de volonté, la jeune Frontalière mobilisa toute l'énergie qui lui restait pour dessiner un pas sur le côté.

Douleur.

Basculement.

Néant.

Le corps élancé vacilla, sembla flotter une seconde dans l'espace-temps comme s'il hésitait sur le chemin à prendre, puis retomba mollement sur le sol froid.
Inerte.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Ven 11 Avr - 21:17

[ j'aime ta notion de "petit" !
Voilà donc mon post.. Pas rythmé du tout, tout décousu, mais vu mon état je ne ferai pas mieux avant un certain temps !
Et j'ai trop hâte de continuer pour attendre de faire mieux.]

Les deux groupes semblèrent se jauger un instant, immobiles.
Si quelques secondes auparavant, les attaquants se savaient en position de force, l'arrivée des deux Faëlles avait rétabli une certaine équité. L'élimination propre et nette des deux premiers qui s'étaient risqués au combat aurait pu dissuader les quatre autres de tenter quelque chose.
Aurait pu.
Les quatre chevaux s'élancèrent d'un même mouvement, des lames étincelèrent sous la pluie, et le grondement des galops vint couvrir le bruit de la pluie.
Nerel lança un sifflet aigu, puis s'élança à la rencontre des cavaliers, suivi de près par Irylin qui redoutait une action irréfléchie.

Les cavaliers n'étaient plus qu'à quelques foulées du Frontalier et de la Faëlle lorsque l'imposante masse sombre de Sable émergea brutalement d'une nappe de brouillard. L'étalon de combat, oreilles couchées, encolure tendue, poussa un hennissement menaçant et se rua sur le premier cheval à sa portée. L'animal, plus léger, prit peur et fit un violent écart qui désarçonna son cavalier, puis percuta son voisin en voulant faire demi-tour. L'homme réussit de justesse à maintenir son équilibre, voulut talonner sa monture pour la relancer...
Le cheval s'immobilisa net.
L'obstacle qui se dressait devant lui n'était pourtant pas bien grand, et loin d'atteindre l'aspect intimidant de l'étalon noir qu mettait en fuite l'autre cheval. Ce n'était ni plus ni moins qu'une jeune femme, debout, nullement menaçante. Seul un murmure s'échappait de ses lèvres sombres, renforcé par l'intensité dorée de son regard.
Le cavalier esquissa un rictus de colère et sauta de son cheval d'un bond souple. Une Faëlle ! Elle allait regretter de s'être mise en travers de son chemin.
Irylin cessa de chanter dès que l'homme mit pied à terre, et quitta le cheval du regard. Libéré, l'animal fit volte-face et s'éloigna au petit galop, désireux de ne pas se retrouver à nouveau prisonnier entre deux volontés.
La jeune Faëlle modifia légèrement sa garde, ploya les genoux, tout en observant celui qui lui faisait face. Grand et solide, la souplesse de ses mouvements et leur précision prouvait qu'il était entraîné. La pointe de sa lame s'était relevée de quelques millimètres lorsqu'Irylin avait bougé, la prise qu'il avait sur la poignée de son sabre s'était raffermie.
Et le sabre... Similaire à ceux des Frontaliers, il paraissait pourtant plus menaçant au goût d'Irylin. Plus sombre, plus...
La lame frôla son épaule, pivota, revint vers sa gorge à une vitesse foudroyante.
Il avait bougé, plus vite qu'elle ne l'aurait cru, et ce léger retard faillit lui être fatal. Elle avait pivoté le buste à la dernière fraction de seconde, avait vacillé, déséquilibrée par son propre mouvement, et avait vu comme au ralenti le tranchant revenir vers son cou.
Décision.
Action.
Elle plongea vers lui, verrouilla de justesse la garde du sabre dans sa main droite, suivit l'homme dans son mouvement pour se libérer. Le froid de l'acier effleura sa peau sans l'entailler, lointain et pourtant si proche... Elle poursuivit son geste, se retrouva derrière lui, en position de force et pourtant incapable de le maitriser.
Entraîné et puissant.
La Faëlle sentit son rythme cardiaque accélérer.
Elle lança son talon à l'arrière du genou de l'homme, espérant le faire chuter, et se sentit irrésistiblement entrainée en avant. Le bandit -était-ce réellement un simple bandit ?- venait de transformer sa chute en roulade, emportant Irylin avec lui. Elle le lâcha et, d'un bond souple, s'éloigna pour retrouver une distance correcte.
Poignard contre sabre. Le combat était injuste.


~¤~

Celui qui avait été désarçonné par l'intervention de Sable s'en était sorti sans casse, faisant lui aussi preuve d'une souplesse remarquable. Cela lui avait probablement sauvé la vie.
Nerel avait à peine attendu que Sable se soit éloigné pour passer à l'attaque, portant un coup vif et précis, visant le cœur de son adversaire. L'acier tinta, tandis que la lame de l'homme écartait celle du jeune Frontalier pour revenir en une riposte mortelle...
Potentiellement mortelle seulement. Nerel s'était retiré à temps, et le sabre -tiens, un sabre similaire à celui qu'il tenait ?!- siffla dans le vide, laissant une ouverture pour un nouvel assaut. D'un moulinet rapide, le jeune homme ouvrit une entaille dans le bras de son adversaire, avant de reculer à nouveau pour éviter une autre attaque.
Les deux hommes s'éloignèrent l'un de l'autre, le temps de se jauger.
Jeune, Nerel n'en était pas pour autant inexpérimenté. Sa garde, sa façon de bouger, jusqu'à son regard, tout en lui hurlait qu'il était un combattant. Un Frontalier.
Plus âgé, plus sûr de lui, légèrement plus grand, l'homme qui lui faisait face n'était pas en reste, et le Frontalier aurait été stupide s'il n'avait pas reconnu en lui un adversaire redoutable. Mais redoutable ne signifiait pas invincible et, pour Nerel, il était hors de question de trainer en chemin.
Il ne laissa pas à l'autre le temps d'attaquer et s'élança à nouveau, feinta à gauche, frappa à droite, ouvrant une nouvelle entaille juste à côté de la première avant de reculer encore pour revenir aussitôt en une série d'attaques rapides qui ne touchèrent que l'acier. Le brigand esquissa un sourire moqueur en parant un nouvel assaut, révisant à la baisse les qualités de combattants du Frontalier qui, jusqu'à présent, n'avait fait preuve que de rapidité. D'un coup précis et puissant, il écarta la lame du jeune homme, sûr de vaincre dans la seconde suivante.
Son sourire oscilla lorsqu'il voulut revenir pour un coup de taille horizontal, et se sentit bloqué avant même d'avoir commencé son mouvement.
Vacilla, lorsqu'il réalisa que la pointe du sabre de son adversaire s'était fichée à quelques millimètres de ses doigts, dans la poignée de son propre sabre.
Disparut brutalement lorsqu'il comprit que Nerel avait avancé, et se trouvait désormais près, tout près de lui.
Trop près. Et en mouvement.
Le poing gauche du jeune Frontalier le percuta juste sous le menton. L'impact fut tel que ses pensées se brouillèrent un instant, il se sentit tituber en arrière, puis quelque chose de froid lui caressa le cœur.
Hébété, il contempla la pointe du sabre qui ressortait de sa poitrine, ruisselante de sang.
Il eut à peine le temps de se demander comment il avait pu ouvrir sa garde à ce point, avant de s'écrouler.


~¤~

Distance.
C'était, à cet instant, le maître-mot d'Irylin. La lame qui la menaçait l'avait frôlée plus d'une fois, sans jamais l'atteindre, mais elle lui interdisait toute action offensive. La garde de l'homme était parfaite, et il aurait fallu au moins un sabre pour y ouvrir une faille et s'y engager. Mais elle n'avait qu'un poignard.
Un poignard, un bête poignard, trop court pour être efficace contre un sabre, impossible à lancer à cette distance. Et elle refusait catégoriquement de risquer Cerion dans ce combat, bien que le cheval aurait volontiers répondu à un appel de sa cavalière. L'étalon était son ami, pas un animal de guerre comme Sable.


- Toi et ton minuscule cheval ?! Tsst ! Tu ne peux pas nous battre, Sable et moi !

L'ombre d'un sourire, éphémère, passa sur le visage d'Irylin.
Le souvenir de sa première rencontre avec Nerel avait fusé, ranimant les sentiments d'autrefois. Le jeune Frontalier n'était alors à ses yeux qu'un adolescent fougueux montant un énorme trois-ans à la robe de jais, deux frimeurs qui ne valaient pas grand-chose. Et il ne voyait en elle qu'une gamine montée sur un petit cheval nerveux et maigrichon, juste bon à la porter tranquillement.
Mais ils avaient en commun le goût de l'aventure et celui du défi. Nerel, sûr de lui, et Irylin, joueuse, avaient décidé d'une course.
Porté par le chant Faël, Cerion avait distancé Sable d'une dizaine de foulée, piétinant au passage la fierté de Nerel. Mais Irylin avait eu la finesse de ne pas se moquer, et d'admettre au passage que l'étalon noir du Frontalier n'était pas qu'un gros char d'assaut incapable de galoper. Et le jeune Frontalier lui avait avoué qu'il l'avait mal jugée, pensant qu'elle et sa monture étaient plus fragiles qu'ils ne l'étaient.

Plus fragile qu'elle ne l'était.
L'acier trancha la manche de sa tunique, sans atteindre la peau. Puis la lame revint, plus rapide, plus puissante. Irylin voulut interposer son poignard, mais le choc écarta son bras avec violence et une nouvelle fois, elle faillit être blessée.
Convaincu qu'il allait gagner, l'homme revint pour une frappe qui, il en était certain, achèverait la Faëlle. Ni harmonie, ni précision, ni finesse dans son geste, juste une puissance sauvage et meurtrière.
Irylin s'élança. Droit sur l'homme, droit dans la trajectoire de sa frappe.
Du bout de sa lame, elle prit contact avec le sabre de son adversaire, continua à avancer, laissa glisser les aciers l'un contre l'autre jusqu'au dernier moment. Et frappa du pied.
Plus haut qu'il ne s'y attendait.
La clavicule de l'homme se brisa net sous l'impact, provoquant une onde de douleur dans tout son bras. Il lutta pour garder la main serrée sur son sabre, voulut se dégager de la pression que la Faëlle maintenait avec son poignard, réalisa instantanément qu'il avait commis une erreur. Libéré de son rôle de protection, le poignard décrivit un arc-de-cercle tandis qu'Irylin comblait d'un seul pas la distance qui lui manquait. L'acier Faël fusa vers sa gorge, y ouvrant une plaie béante d'où un bouillon de sang s'échappa instantanément.
Il avait commis une erreur, oui. Mais c'était à l'instant même où il avait engagé le combat, pensant qu'il aurait la victoire facile face à une jeune Faëlle désarmée.



--------------------------------------


De ruelle sombre en toit, Shyna rejoignit l'écurie plus vite qu'elle n'aurait cru en être capable. Souffle l’accueillit d'un hennissement étouffé, auquel elle répondit par une caresse rapide. Mirage renâcla pour signaler sa présence, et Shyna lui accorda une caresse à elle aussi.
Rapidement, elle harnacha les deux chevaux, puis elle ouvrit leurs boxes.


- Toi, tu nous suis, d'accord ?
glissa-t-elle à la jument blanche tout en lui flattant l'encolure.

La Frontalière enfourcha ensuite son étalon et, sans prendre la peine de chausser les étriers, serra les jambes sur les flancs de sa monture. Souffle s'élança sans la moindre hésitation, prenant d'emblée le galop malgré l'étroitesse de la porte de l'écurie, contraignant sa cavalière à se coucher sur l'encolure pour passer sans danger. Suivi de près par la jument de Liam, il s'engagea dans la rue principale au galop, motivé par Shyna qui se dissimulait comme elle le pouvait dans la crinière foisonnante. Les passants -heureusement moins nombreux qu'un peu plus tôt- s'écartaient précipitamment sur le passage des deux chevaux, convaincus pour la plupart que les deux animaux avaient échappé à leurs cavaliers.
Shyna ne daigna ralentir qu'à quelques rues de l'auberge, choisissant d'emprunter de plus petites ruelles pour limiter les risques de rencontre avec la Légion Noire. Malgré cette précaution, elle avait fait l'aller-retour en un temps record.


~¤~

Attendre.
Liam avait beau réfléchir, il ne voyait rien d'autre à faire que d'attendre l'arrivée de son apprentie. Et puis, son attention revint sur la Frontalière blessée. Il avait tout d'abord cru qu'elle frémissait, mais ce n'était que les contours de son corps qui se troublaient.
Il ne lui fallut qu'une seconde pour comprendre ce qu'elle tentait de faire. Un pas sur le côté ! C'était impensable, et pourtant elle paraissait être à deux doigts de réussir. Mais pour aller où ? Maitriserait-elle seulement sa destination si elle arrivait à achever son Dessin ?
Après une seconde qui parut une éternité au Maître Marchombre, le corps de la jeune femme retomba, inerte sur les pavés. Elle avait échoué.
Liam étouffa un soupir, sans savoir s'il était soulagé ou déçu. Peut-être avait-elle tenté de rejoindre un lieu où on aurait pu la soigner ? Peut-être allait-elle mourir, désormais...
Le claquement des sabots le fit se redresser, et Shyna apparut au coin du bâtiment. Elle sauta à terre et, inquiète, désigna sa compatriote d'un geste.


- Alors ?
- Il faut l'emmener à Ondiane.
répondit Liam. Shyna écarquilla les yeux. Elle avait cette option en tête depuis un moment, mais n'aurait pas cru que Liam la proposerait.
- Avec nous ?!
- Tu as une meilleure idée ?
répliqua sèchement le Maître Marchombre. Shyna s'empourpra.
- Non, mais je n'imaginais pas que je... enfin que vous...
- Aide-moi à la mettre sur le dos de Mirage.
trancha Liam.
- Vous devriez plutôt monter Souffle. Il est plus massif, il vous portera tous les deux sans mal. Je me débrouille avec Mirage.


Liam faillit protester. Mirage était une jument aux qualités innombrables, mais la tolérance ne faisait pas partie du nombre. D'aussi loin qu'il se souvienne, le Marchombre avait été le seul qu'elle accepte sur son dos ou à ses côtés.
Et d'aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais vu un autre cavalier monter Souffle.
Nombreux sont ceux qui auraient cru que Shyna s'adonnait à une sensiblerie niaise, en la voyant murmurer quelques mots à l'oreille du grand étalon. Ils auraient été bien surpris alors de voir le cheval s'avancer paisiblement jusqu'à Liam et s'immobiliser à côté de lui, attendant patiemment qu'il daigne l'enfourcher.
Avec l'aide de Shyna, le Marchombre installa Eryn devant lui, de façon à pouvoir la tenir solidement, retira le fourreau du sabre resté accroché dans son dos pour le placer à l'arrière de la selle, avec les quelques affaires que Shyna n'avait pas eu le temps de décrocher lors de son arrivée, la veille. Puis, il observa attentivement le manège de son apprentie.
Lentement, elle s'approcha de Mirage. Habituée à Shyna, la jument ne broncha pas au premier abord. Mais lorsque la jeune fille se plaça sur sa gauche et fit mine de l'enfourcher, la jument coucha les oreilles et se raidit.
Une volée de mots s'échappa des lèvres de Shyna, à peine audible. Mirage se détendit.
D'un bond, la jeune fille se retrouva sur le dos de sa nouvelle monture. Celle-ci coucha à nouveau les oreilles et Shyna, flattant doucement l'encolure, lança de nouveaux mots dans le vent, à mi-voix.
Définitivement apaisée, Mirage souffla et secoua la tête, puis attendit.


- Je passe devant.
décida Liam, qui n'avait pas émis le moindre son durant ces quelques instants. Reste juste derrière moi, évite de montrer ton visage... Et donne-moi ça. ordonna-t-il, désignant le sabre que Shyna avait gardé dans son dos.

À contre-cœur, elle dégrafa l'attache du fourreau et le tendit au Marchombre, qui l'attacha à sa selle.
Côte à côte, ils rejoignirent rapidement la Porte Nord, toute proche, et Liam prit la parole avant même que les gardes ne l'interroge. Shyna, elle, s'arrangea pour que sa courte crinière lui revienne sur le visage, et s'appliqua à regarder avec intérêt le pommeau de sa selle.

Il ne fallut que quelques mots au Marchombre pour expliquer qu'il devait impérativement transporter sa passagère à Ondiane, et qu'il était accompagné par la sœur de ladite passagère. La morphologie et l'âge des deux Frontalières, très similaires, firent passer le mensonge comme une lettre à la poste tout en effaçant les soupçons des gardes. On leur avait dit de guetter une jeune fille seule, armée d'un sabre et montant un cheval de guerre. Ils se retrouvaient avec deux sœurs et un bon samaritain, lequel avait un sabre accroché à sa selle.
Quelques secondes plus tard, les deux chevaux prenaient le galop en direction d'Ondiane.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Sam 19 Avr - 14:32

[xD
Si ton post est décousu, le mien n'est pas tissé du tout ! xD Quant au rythme, n'en parlons même pas...
Mais j'ai moi aussi trop envie de continuer. Je le reprendrai peut-être un autre jour...]

Quatre contre quatre…
Finalement, le combat promettait d’être plus intéressant que prévu, d’autant que les deux éclaireurs qu’ils avaient envoyés s’étaient faits maîtrisés comme des débutants. Il faut dire que ces nigauds n’avaient rien trouvé de mieux à faire que charger stupidement leurs adversaires, sans prendre la peine de juger de leurs capacités.
Tss…
Il détestait l’impulsivité.
Les débutants avaient toujours pour pires défauts l’impulsivité et l’arrogance. Or, les deux ensembles faisaient rarement bon ménage. Le premier transformait le second en croyance gratuite d’invincibilité et, à l’inverse, le deuxième métamorphosait l’autre en bêtise et en aveuglement. Le résultat final était toujours le même.
La mort.
D’ailleurs, à ce propos, il était grand temps d’aller la semer.
Un sourire cruel et méprisant étira ses lèvres, et en parfaite synchronisation avec ses collègues, le Mercenaire se précipita sur l’un de deux jeunes hommes qui leur faisait face et se ruaient maintenant sur eux.

Nathaël avait lancé sa monture au galop lorsque Nerel avait lancé un sifflement.
Fonçant sur son adversaire, il le vit brandir son sabre de la main gauche et effectuer du poignet une courbe puissante et expéditive.
La lame siffla dans les airs et sa trajectoire mortelle aurait sectionné sa cible s’il était resté là.
Mais le Frontalier ne l’avait pas attendu. Sans avoir besoin d’un ordre de son cavalier, Ecume effectua un écart, se retourna puis s’élança à pleine vitesse.
Un boulet de canon.

Surpris, le bandit eut à peine le temps d’inverser sa direction et son étalon, prenant peur, se cabra brutalement en hennissant de colère.
Déséquilibré, le Mercenaire faillit tomber et se rétablit à la dernière seconde.
Il ouvrit la bouche pour proférer un juron. Qui mourut dans sa gorge lorsqu’une ligne de feu s’ouvrit sur sa joue.
Il n’avait pas vu venir le coup et ne devait sa survie qu’au prodigieux instinct qui avait poussé sa monture à reculer de quelques pas.
Son sourire s’effaça instantanément. Ce misérable avait osé porter la main sur son visage. Il allait payer cher cette offense.
Très cher.

Repositionnant son cheval face à Nathaël, il le foudroya du regard.
Ce dernier, tout aussi immobile, lui renvoya son attaque visuelle.
Ils se jaugèrent ainsi pendant une seconde au goût d’éternité, chacun semblant vouloir lire les intentions de l’autre.
Puis dans un même élan, ils repartirent à la charge.

L’acier rencontra le fer dans un crissement rageur.
Furieux de s’être laissé aussi facilement blesser, le Mercenaire enchaîna les attaques avec violence.
Mais Nathaël riposta avec une véhémence similaire, sa lame bloquant chaque attaque, parant chaque assaut.

Les étalons luttaient aussi avec fougue. Coup de tête, hennissements furieux, tout était bon pour impressionner l’autre.

Soudain, alors que son sabre stoppait une nouvelle fois celui de son ennemi, Nathaël écarta sa monture.
Voulait-il fuir ?

Le brigand esquissa un sourire méprisant.
Esquissa seulement.
L’acier fusa vers son cœur.
Avec une telle vitesse qu’il était vain d’ordonner à son cheval d’esquiver.
Le puissant estoc le força à reculer son buste et entailla le vêtement sombre, dessinant une fine rayure sur la peau blanche.
Déséquilibré par ce mouvement brusque, le cavalier tomba et sa monture, effrayée, s’enfuit au galop.

Nathaël ne laissa pas à son rival le temps de se relever. Bondissant à terre, il battit l’acier meurtrier qui tentait vainement de le transpercer, ouvrit la garde adverse et plongea profondément son sabre dans la poitrine de son ennemi.

C’était terminé.
Son regard remonta vers le visage peu à peu déserté par la vie et se planta dans les prunelles sombres.
Il y lut haine, rage, peur, promesse de représailles.
Puis la mort vint chercher son dû et les flammes vengeresses s’éteignirent.

~¤~

Toujours accroupie, Isys leva la tête tout en terminant d’essuyer sa dague ensanglantée. Trois silhouettes sombres venaient de se joindre à la première.
Elle ne voyait pas les détails de leur apparence mais quelque chose dans leur attitude plus réservée et attentive lui souffla qu’ils étaient différents des deux bandits précédents.
Ceux-là semblaient plus réfléchis. Moins impulsifs.

La jeune femme hésita. Elle ne possédait que son arc et deux poignards. Face à un sabre, doublé d’un brouillard persistant, le combat était cruellement inégal. D’autant qu’elle était à terre et non juchée sur Foudre…

Pourtant lorsque l’un des brigands lança sa monture au galop droit sur elle, elle ne bougea pas. Elle était prête.

Elle attendit la dernière seconde pour agir. D’un geste vif, elle empoigna de toutes ses forces le corps au sol et le présenta à la lame mortelle qui fusait vers son visage. L’acier transperça le mort et aurait poursuivi sa course meurtrière si Isys ne l’avait pas attrapée d’une main.

Sans prêter attention à la morsure du fer sur sa paume, elle resserra sa prise et la tira brusquement vers elle.
Surpris par l’étrange comportement de la Faëlle et par la puissance qu’elle avait insufflé à son mouvement, le Mercenaire serra instinctivement ses doigts sur la garde de son sabre et se pencha en avant pour le récupérer.
A cet instant, un chuchotement mélodieux se fit entendre. L’étalon s’écarta soudainement avant de partir au galop.
Concentré sur son arme toujours bloquée, le cavalier perçut trop tard l’écart de son cheval et bascula en avant, emporté par l’élan de l’animal et par la gravité qui s’exerçait sur son buste penché.
Un demi-sourire flotta sur les lèvres d’Isys, tandis qu’elle bondissait en arrière pour distancer son adversaire. Ce dernier s’écrasa au sol, à quelques centimètres de l’endroit où elle se tenait initialement.

Lui ne souriait pas du tout. La tournure inattendue que venait de prendre les évènements lui déplaisait au plus haut point. Il n’allait tout de même pas se laisser battre par une femme, aussi forte soit-elle ! C’était tout bonnement inconcevable.
Il se remit debout et afficha un rictus mauvais en apercevant le sang qui perlait sur sa main. Elle était audacieuse mais il allait la mater.
D’un bond souple, il combla l’espace qui les séparait et abattit farouchement son sabre vers l’avant.
Isys para le coup avec son poignard et un combat féroce s’engagea.
La Faëlle compensait son arme courte par une agilité et une rapidité étonnante. Elle voltigeait comme un feu follet autour de son ennemi. Lui profitait de sa force brute pour porter des assauts puissants et tenter de la déstabiliser.

Une violente frappe la poussa à reculer. Une étincelle de triomphe brilla dans les prunelles du Mercenaire. Il allait gagner !
Il leva son sabre, effectua un arc de cercle.
Fatal.

La lame siffla dans les airs…
… mais ne rencontra que le vide.
Isys s’était baissée pour esquiver le fer. Puis elle pivota, lança sa jambe contre le bras armé, sortit une seconde dague et profita de l’espace ainsi libéré pour une double attaque de taille au niveau de la poitrine.
Un bouillon de sang jaillit de la plaie béante et l’homme s’écroula.
Mort.

~¤~

Délaissant le cadavre du Mercenaire, Nathaël regarda autour de lui.
Mais le brouillard était trop épais, il ne vit que des ombres.
Nerel, Irylin et l'autre Faëlle...
Allaient-ils bien ?

Le jeune Frontalier plongea dans les Spires. Il trouva rapidement ce qu'il cherchait et se mit au travail.
De ses paumes ouvertes vers le ciel, il fit jaillir une intense source de chaleur, suffisamment forte pour permettre l'évaporation des gouttelettes, mais suffisamment douce pour ne pas brûler les chevaux ou ses amis.

Peu à peu, le brouillard se dissipa et la visibilité revint.
Nathaël aperçut alors Nerel, Irylin, et la jeune femme à la chevelure de neige, debouts. Chacun contemplait un corps inerte au sol.

Reportant son attention sur celui qui gisait à ses pieds, un détail le frappa de plein fouet.
Ce n'était pas de simples bandits...
Les vêtements de cuir sombre...
Le sabre...
Il n'y avait pas de doute possible...
Des Mercenaires du Chaos...


--------------------------------------


Je ne ressens plus rien.

Je flotte dans un océan d’étoiles. Des millions de galaxies tourbillonnent autour de moi. Une comète géante jaillit et s’éloigne dans un nuage de lumière brillante.

Des astres apparaissent par milliers, d’autres s’effacent dans un ballet incessant. Il n’y a plus ni début, ni fin.
Ni passé, ni présent, ni futur.

Mes souvenirs s’évaporent un à un.

Je ne suis plus rien.
Mes pensées s’évanouissent.

Ne reste que moi.

L’univers m’appelle, m’invite.
M’attend...

~¤~

Une jeune femme déboula dans l’écurie. Elle se précipita vers un étalon et une jument, les harnacha rapidement et ouvrit leur box.

Tornade regarda la scène avec intérêt. Une odeur étrange émanait d’elle. Il n’avait jamais senti quelque chose de similaire. Pourtant, il s’y mêlait l’once d’une fragrance qui lui était familière.

Mais l’humaine ne s’intéressait pas à lui. Elle enfourcha le mâle après avoir ordonné à la femelle de les suivre, et le petit groupe s’éloigna d’emblée au galop.

Tornade hésita mais curieux de nature, il ouvrit d’un coup de sabots arrière sa stalle et suivit les chevaux.
Une fois hors de l’écurie, il s’élança à leur suite, tout en restant volontairement à l’arrière.

Le groupe arriva près d’une auberge. Lorsque Tornade les rejoignit, une jeune femme inerte était au sol. L’étalon la reconnut et voulut l’approcher mais un individu était en train de la placer sur le dos du mâle.

Inquiet, Tornade s’approcha de quelques pas mais demeura en retrait. Puis la petite troupe repartit à nouveau, traversa une foule et sortit de la ville. Les deux chevaux prirent alors le galop, emportant sa cavalière au loin.

Allongeant la foulée, le fougueux étalon en fit de même, bien décidé à accompagner Eryn au bout du monde s’il l’eut fallu.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Sam 19 Avr - 18:50

C'était fini.
Les bruits de combats s'étaient tous tus, presque en même temps.
C'était fini, mais qui avait gagné ? Devait-il s'attendre à faire face à d'autres ennemis ?
Soudain, une douce chaleur se répandit, chassant le brouillard et même la pluie. Le paysage se dévoila, et révéla à Nerel l'issue des trois autres combats : victoire totale.
Cerion rejoignit Irylin, heureux de la retrouver entière, et Sable vint se poster calmement aux côtés de son cavalier. Celui-ci était à deux doigts de reprocher à Nathaël cette intervention tardive, mais une constatation interrompit le fil de son reproche -un reproche qui aurait été, de toute façon, injustifié : Nathaël n'aurait pas pu dessiner tout en garantissant sa propre sécurité.
Un sabre ressemblant à ceux des Frontaliers, un redoutable entrainement au combat, plus ce cuir sombre rappelant de très loin celui des Marchombres...
Mercenaire !
L'identité de son adversaire explosa à ses yeux, et il ne lui fallut qu'une fraction de seconde pour comprendre que les trois autres cadavres aux pieds de ses compagnons étaient aussi ceux de Mercenaires.
Ainsi ce n'était pas qu'une attaque de brigands, comme les deux premiers pouvaient le faire croire...
Nerel fronça les sourcils.
Les Mercenaires ne pointaient pas souvent le bout de leur nez si près de la Citadelle. De plus, le chemin qu'il avait choisi d'emprunter était très peu fréquenté, et il doutait fort que quatre combattants de ce niveau aient tranquillement attendu que quelqu'un daigne passer là pour l'attaquer.
Ne restait donc plus qu'une conclusion : ils étaient là pour eux.


- Ah, voilà qui est agréable !
intervint Irylin, se délectant de la chaleur générée par Nathaël. Engager un assaut dans le froid, sous la pluie, quelle idée...
- Irylin, est-ce que tu crois que c'est le moment ?
s'irrita Nerel. Elle lui renvoya un sourire mutin.
- Non, tu as raison ! Je manque à toutes les formes de politesse, je ne vous ai pas présenté mon amie, Isys, Faëlle et bien plus encore. Isys, voici le Frontalier le plus têtu et pourtant le plus adorable que je connaisse, Nerel Nil' Lumen. Quant à notre maitre du chauffage, c'est l'un des dessinateurs les plus prometteurs de l'Empire, Nathaël Sil' Meeril. les présenta Irylin, comme si elle n'avait pas frôlé la mort quelques secondes plus tôt. Messieurs, j'espère que vous ne verrez aucun inconvénient à ce que nous vous accompagnions ? ajouta-t-elle, légère, avant d'apercevoir le regard sombre que Nerel lui lançait. ... Mais si tu parlais du fait que ces déplaisants personnages semblent être des Mercenaires du Chaos, et que je devrais m'en inquiéter... Ils me semblent assez morts pour que je me puisse me réjouir d'être encore en vie, avant de me poser des questions. ajouta-t-elle, plus sérieuse.

Nerel laissa échapper un soupir désabusé. Irylin avait le don de le prendre de court et de lui renvoyer des répliques au goût d'absurde qui, une fois décortiquées, apparaissaient finalement très pertinentes.


- Enchanté, Isys. Sois la bienvenue parmi nous.
déclara donc le Frontalier, bottant en touche.


--------------------------------------


Souffle survolait la piste menant à Ondiane, de son galop ample et souple que Shyna adorait.
Liam, au-dessus, accompagnait parfaitement le mouvement du cheval, soutenant sa passagère pour qu'elle ne subisse aucun à-coup.
Juste derrière, Shyna se contentait d'admirer le spectacle, juchée sur Mirage qui tenait la cadence imposée par Liam. La jeune Frontalière s'était accordée au rythme de la jument sans difficulté, malgré la différence de taille entre elle et Souffle.
Par deux fois, elle jeta un regard au-dessus de son épaule et, par deux fois, aperçut un cheval à deux ou trois cent mètres derrière eux. Convaincue qu'ils étaient suivis, elle se maudit mentalement d'avoir accepté de se séparer de son sabre et, à plusieurs reprises, fixa l'arme attachée sur le côté de la selle de Souffle.
Si nécessaire, elle saurait l'attraper. Mais les quelques précieuses fractions de secondes que cela lui prendrait ne risquaient-elles pas de jouer en sa défaveur en cas de combat ?
Une goutte de sueur glissa jusqu'à l'entaille ouverte un peu plus tôt par un mercenaire, le long de ses côtes, lui rappelant douloureusement qu'elle n'avait pas besoin de perdre quelques fractions de secondes pour être mise en difficulté. Elle fit l'effort de penser que l'inverse pouvait aussi être vrai, et qu'elle pouvait s'en sortir, même avec quelques fractions de secondes de moins.
Pour la troisième fois, elle regarda derrière elle, aperçut le cheval à demi masqué par un nuage de poussière. Un instant, elle envisagea de faire demi-tour et de l'aborder... Mais déjà, la silhouette d'Ondiane se profilait au loin. La priorité restait la blessée, ensuite elle aviserait.
Il fallait juste espérer qu'il ne soit pas trop tard...


~¤~

La cour d'Ondiane avait déjà plongé dans l'obscurité, et seules les plus hautes fenêtres bénéficiaient encore des derniers rayons du soleil, lorsqu'on frappa à la lourde porte de chêne.
Un rêveur ouvrit prudemment la trappe qui lui permettait de vérifier l'identité de ceux qui voulaient entrer.
Il fut percuté de plein fouet par un regard orangé.


- J'ai une blessée. Elle a besoin de soins immédiats. Ouvrez-moi.


Le rêveur ne prit même pas la peine de consulter son supérieur et ouvrit le battant de bois, laissant entrer l'homme qui portait une jeune femme inanimée dans ses bras. Un grand étalon noir à la robe mouillée de sueur entra à sa suite, rattrapé par une jeune fille qui récupéra le sabre accroché à la selle.


- Je reviens !
lança la jeune fille à l'attention de l'homme, avant de ressortir pour sauter sur le dos d'une jument blanche de taille moyenne.

D'autres rêveurs étaient arrivés dans ce laps de temps, permettant à l'homme de déposer la blessée sur un brancard.
Celui qui avait ouvert s'ébroua et regarda autour de lui, peinant à comprendre les évènements qui venaient de s'enchainer sans qu'il ait le moindre contrôle dessus...


~¤~

Il n'aimait pas user de cette capacité de persuasion rare, pour arriver à ses fins. Mais en l'occurrence, il savait trop bien que chaque seconde comptait, et que les rêveurs pouvaient parfois, face à l'inattendu, avoir un temps de réaction trop long.
Il fut à peine surpris de voir Shyna bondir de Mirage, récupérer son sabre et repartir aussi vite. Lui aussi avait repéré ce cheval qui les suivait, sans jamais réussir à percevoir un bruit, un mot de son cavalier. Il se contenta d'espérer que Shyna serait prudente, puis reporta son attention sur les rêveurs qui s'affairaient déjà autour du brancard, leur résumant brièvement les circonstances de la blessure. Ils l'écoutèrent, puis emmenèrent Eryn à l'intérieur.
Brutalement, l'agitation retomba sur la cour d'Ondiane.
Liam posa une main apaisante sur l'encolure de Souffle et, d'un pas lent, accompagna l'étalon jusqu'à la fontaine. Devait-il ressortir pour aider Shyna ? Devraient-ils ensuite attendre que leur blessée se soit remise ? Pourquoi les Mercenaires s'étaient-ils intéressés à elle ? Et la Légion noire, que voulait-elle à Shyna ?...
Autant de questions auxquelles Liam n'était pas certain d'avoir la réponse...


~¤~

Shyna aurait sourit en voyant l'air ahuri du rêveur qui ouvrit à Liam, s'il n'y avait eu ce cheval. Une nouvelle fois, il s'était arrêté à distance, et elle n'arrivait pas à discerner son cavalier. N'y tenant plus, elle sauta à terre, courut récupérer son sabre et lança pour Liam, voulant le rassurer :


- Je reviens !

Puis elle fixa le fourreau dans son dos et bondit sur le dos de Mirage sans même prendre appui sur un étrier, avant de talonner la jument. Celle-ci renâcla pour protester, mais s'élança malgré tout dans la direction du mystérieux cheval, remettant à plus tard le repos qu'elle espérait tant.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Sam 19 Avr - 20:15

- Ravie de faire enfin ta connaissance, répondit Isys en retour, avec un sourire chaleureux. Irylin m’a souvent parlé de toi ! Et de ton côté têtu, reconnut-elle avec malice en regardant tour à tour le Frontalier et sa compatriote.

Puis elle reporta son attention sur les corps étendus au sol et commenta avec humour pour détendre l’atmosphère :


- Charmant accueil ! Un peu trop animé et glacial à mon goût cependant. Heureusement que nous avons un expert en chauffage à nos côtés, ajouta-elle enjouée, en se tournant vers Nathaël et en le saluant d’un signe de tête.

La situation était grave et l’attitude attentive d’Isys démontrait qu’elle prenait les choses très au sérieux. Mais son regard pétillant allégeait l’ambiance, apportant juste la légèreté qu’il fallait pour prendre un peu de recul et envisager les évènements avec plus d’objectivité.

Le jeune Frontalier sourit à l’évocation du titre inventé par Irylin et salua à son tour la nouvelle venue. Décidément, ces Faëlles avaient le sens de l’humour et un don certain pour dédramatiser !


- Ce serait un plaisir de vous avoir à nos côtés,
affirma-t-il en réponse à la question d’Irylin. Cependant, comme vous avez pu vous en rendre compte, l’aventure ne sera pas de tout repos, reprit-il d’un ton plus sérieux. Je me demande d’ailleurs ce qu’ils nous veulent, car il est évident qu’ils nous attendaient.

Se tournant vers son ami, il poursuivit :

- Nerel, qui est au courant de notre projet et des ennuis de Shyna ? Ces Mercenaires pourraient-ils être à la recherche des Sphères Graphes ? Mais s’ils ne les possèdent pas, alors entre quelles mains sont-elles ?


--------------------------------------


Tornade avait suivi de loin les deux cavaliers et Eryn jusqu’à Ondiane. Ils avaient galopé jusqu’à ce que le soleil se couche derrière l’horizon. Puis la nuit avait lentement étendu son manteau d’obscurité sur les terres de Gwendalavir.

L’étalon à la robe alezan brulé n’avait eu aucune peine à tenir le rythme imposé par la petite troupe mais était volontairement resté à l’écart.
Il s’était ensuite arrêté devant la silhouette d’une grande bâtisse, il avait observé un autre homme ouvrir une porte puis se pencher sur sa cavalière. Puis cette dernière avait disparu, happée par ce mur de pierre.

Devait-il avancer ?

Les bruits d'une agitation certaine avait rompu le silence qui pesait depuis leur départ, avant de s'éteindre lentement comme une flamme se meurt une fois la bougie consommée.

A cet instant, la jument blanche revint vers lui au galop, une jeune femme juchée sur elle. C’était la même que celle qu’il avait vu dans les écuries.

Que voulait-elle ?

Méfiant, l’étalon attendit, prêt à agir en cas de besoin.


Dernière édition par Elawin le Dim 20 Avr - 15:39, édité 1 fois
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Dim 20 Avr - 12:07

[bon, micro-post... x') ]

Nerel n'avait pas esquissé l'ombre d'un sourire.
Les questions de Nathaël le rembrunirent un peu plus. Il se posait les mêmes, et n'y trouvait que peu de réponses, dont aucune ne lui plaisait.


- Tout l'Empire ou presque sait que Shyna est recherchée.
répondit lentement Nerel. Mais rares sont ceux qui connaissent notre lien de parenté. Officiellement, c'est une dénommée Poly Selann qui est accusée de vol...

- Poly Selann est le nom sous lequel a grandi Shyna, mais c'est une histoire compliquée.
ajouta Irylin pour Isys et Nathaël. Ceci dit, personne ne savait que Nerel quittait la Citadelle ce matin, à part moi et...

La Faëlle marqua une hésitation, se rappelant tout à coup que Tishyam n'était autre que la sœur de Nathaël, en plus d'être une amie proche de Nerel. Ce que sa phrase sous-entendait risquait fort de déplaire aux deux Frontaliers...


- ...et Tishyam. Mais, pour mécontente qu'elle soit de l'initiative de Nery', je l'imagine mal lancer des Mercenaires à nos trousses !
ajouta aussitôt Irylin en souriant.

Et puis, leur discussion n'avait pas été des plus discrètes ce matin, ni la veille. Isys pouvait en témoigner sans peine...
Mais même si une personne malintentionnée avait entendu les projets de Nerel, comment des Mercenaires auraient-ils pu être sur place si rapidement ?


- Quoi qu'il en soit, ne nous attardons pas. Tout cela ne me dit rien qui vaille...
soupira Nerel en se remettant en selle.

Irylin l'imita, partageant l'inquiétude de son ami. Si à peine sortis de la Citadelle, ils devaient affronter quatre Mercenaires... À quoi devraient-ils faire face ensuite ?


--------------------------------------


À distance raisonnable du cheval -un bel étalon alezan brûlé-, Shyna stoppa Mirage.
Pas de cavalier.
Instantanément, elle scruta les environs, méfiante. Où se cachait donc celui qui les avait suivis ? Pourquoi se cachait-il ?
Attentive au moindre bruit, prête à esquiver tout projectile, Shyna reporta son attention sur l'étalon. Il la fixait, méfiant.
Puis elle remarqua un détail qui n'en était pas un : l'animal ne portait aucun harnachement !
Une idée se fraya un chemin dans son esprit, aussi probable que farfelue.
Doucement, Shyna descendit de Mirage, puis fit un pas dans la direction de l'étalon.
Plongeant son regard dans celui de l'équidé, elle ouvrit son esprit et laissa le contact s'établir.
Méfiance et inquiétude, doutes et curiosité.
L'idée devint évidence pour Shyna. Ce n'était pas eux que le cheval suivait... C'était la blessée.


- On s'occupe bien d'elle...
murmura Shyna sans quitter l'animal des yeux, insufflant un calme rassurant à ses paroles. ... Tu dois être fatigué... Je peux m'occuper de toi en attendant qu'elle revienne... ajouta-t-elle, tendant lentement une main amicale vers l'étalon.

Les mots n'avaient pas d'importance, elle le savait. Mais ils lui servaient de support, pour mieux transmettre ses émotions. Douceur apaisante, appel à la confiance...
Toute crainte disparue concernant la présence d'un cavalier potentiellement hostile, Shyna se livrait à l'étalon, le laissant lire ses intentions et comprendre qu'elle ne lui voulait aucun mal. Juste le mettre à l'abri pour la nuit. C'était la moindre des choses...
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Dim 20 Avr - 18:27

[Tout petit post aussi ! x') ]

Tishyam ?!

Nathaël tiqua à l’évocation du nom de sa sœur, bien plus qu’au sous-entendu qu’Irylin avait voulu dissiper. Si elle était au courant de la situation, cela impliquait nécessairement qu’elle se trouvait à la Citadelle.
Il l’avait donc manquée de peu…

Une bouffée d’amertume lui étreignit le cœur. Cela faisait si longtemps qu’il ne l’avait pas vu…
Comment allait-elle ?

Une foule de souvenirs lui revint en mémoire mais il força son esprit à s’en détourner. Il ne pouvait pas se le permettre.

Son regard se posa distraitement sur les corps à leurs pieds. Les Mercenaires du Chaos… Une flamme de détermination brilla au fond de ses prunelles. Ils allaient payer pour ce qu’ils avaient fait…


- Allons-y,
acquiesça-t-il en remontant sur son étalon.

Six adversaires pour vaincre deux Frontaliers ? Les choses commençaient fort… Qui les avaient envoyés ? Quel serait le prochain obstacle sur leur route ?

A l’instar de ses compagnons, Isys grimpa sur sa jument. Elle partageait leurs inquiétudes. Tishyam… elle ne la connaissait pas. Mais vu la promptitude d’Irylin à l’innocenter, elle devait certainement être chère au cœur de Nerel et Nathaël. Mais alors, qui avait envoyé ces Mercenaires ? Et dans quel but ?


--------------------------------------


La jeune femme s’était arrêtée à bonne distance et regardait autour d’elle. Sur ces gardes, elle semblait chercher quelque chose.
Finalement son regard revint se poser sur lui.
Tornade n’avait pas bougé.
Il l’observa descendre avec lenteur de la jument et faire un pas vers lui.
Leurs regards se croisèrent à nouveau.
Puis il la sentit.
Cette sensation… Elle lui était familière mais aussi très différente tout à la fois. Cela lui rappela sa rencontre avec Eryn.


Il était encore très jeune.
Il avait quitté sa mère pour vivre sa vie comme il l’entendait. Il avait déjà rencontré quelques humains, mais ces derniers ne l’intéressaient nullement.
Puis un jour il avait croisé la route de la jeune Eryn.
Il avait tout de suite senti qu’elle n’était pas comme les autres. Elle avait quelque chose de différent.
Elle l’avait d’abord observé avec curiosité et même avec une certaine admiration. Puis elle avait fait un pas en avant. Mais fougueux et sauvage, il ne s’était pas laissé approcher, il avait couché les oreilles et henni de défi pour l’intimider, la pousser à se détourner. Sans succès.
Elle n’avait pas bougé, s’était contentée de le regarder, comme si elle comprenait sa réaction.
Les jours suivants, elle l’avait à chaque fois cherché. Et à chaque fois après l’avoir trouvé, elle était restée assise non loin de lui.
Ce petit manège avait duré un moment.
Il avait fini par s’habituer à sa présence silencieuse.
Et finalement, intrigué par sa constance, il avait fait un pas dans sa direction. Qu’est-ce qui pouvait bien la pousser à accomplir ce curieux rituel qui s’était instauré entre eux ?
Ce jour-là, elle n’avait pas bougé mais avait plongé son regard dans le sien.
Puis elle s’était ouverte à lui, en silence.
Il avait pu sonder à sa guise ses intentions, ses envies, ses doutes, ses peurs même. Elle n’avait rien cherché à lui dissimuler. Et n’avait pas tenté de lui imposer un contact.
Plusieurs lunes s’étaient ensuite écoulées. Identiques.
Elle n’avait failli à aucun de leur « rendez-vous ».
Enfin, il s’était décidé, conquis par la détermination, le courage et l’écoute de cette jeune humaine, qui lui offrait ses rêves et ses pensées sans rien attendre en retour.
Et depuis, il ne l’avait jamais regretté.
Jamais.


Son attention revint se focaliser sur celle qui lui faisait face. Elle aussi semblait être franche et sincère. Elle dégageait un calme rassurant et peu à peu, la peur qu’il avait sentie en elle s’était désagrégée.

Cependant, quand elle tendit la main en avant, il s’écarta de quelques pas. Elle ne lui voulait peut-être aucun mal, mais il gardait sa nature fougueuse, sauvage.

Mais la nuit était tombée et il ne pouvait trop s’éloigner de la construction pierreuse derrière laquelle Eryn avait disparu. Qui sait s’il retrouverait rapidement sa trace s’il la laissait là et qu’elle partait avant son retour ?

Il fit finalement quelques pas en direction de la jument et de sa cavalière. Il passa devant elles et poursuivit sa route vers la bâtisse.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par tapache le Lun 21 Avr - 16:04

[ épidémiiiie !
note => Si le passage du Mentaï ne te convient pas, dis-le moi, je modifierai ! ^^ C'était juste une idée à la suite de l'attaque... ]

D'une pression des talons, Nerel remit sa monture en marche, à un rythme moins soutenu qu'avant l'attaque.
Au moment de pénétrer à nouveau dans le brouillard qui, quelques mètres plus loin, reprenait ses droits, Nerel eut la vague sensation d'un regard étranger posé sur lui. Il pivota sur sa selle, scruta la paroi rocheuse et ce qu'il pouvait voir des alentours, sans rien trouver.
Irylin avait ressenti un sentiment similaire, et n'avait rien manqué du geste de Nerel. Pour autant, elle n'avait pas bougé. Un infime instant avant que le Frontalier ne se retourne, la sensation avait disparu. Si quiconque les observait, il ou elle était parti...


--------------------------------------


Il avait pourtant prévu large, réunissant deux Mercenaires supplémentaires au dernier moment, en constatant qu'un second Frontalier accompagnait le fils Nil' Lumen.
Il savait que la stupidité des deux bandits ferait d'eux d'inutiles combattants, juste bons à servir son plan.
Mais que la défaite soit cuisante à ce point ! Il avait perdu quatre hommes. Le groupe repartait déjà, et seule l'une des deux Faëlles arrivées en renforts avait été blessée... et encore, une blessure sans gravité.
Il serra le poing sur les deux petites billes aux reflets irisés, avant de les laisser glisser dans sa poche.
Tant pis.
Il les éliminerait plus tard, d'une autre façon.
Un rictus inquiétant se dessina sur son visage, et ses contours se troublèrent.
Sur la corniche surplombant le petit groupe, il n'y avait plus personne.


--------------------------------------


Un sourire amusé étira les lèvres de Shyna. L'étalon venait de s'écarter vivement et, après un instant, les avait contournées elle et Mirage, pour prendre la direction d'Ondiane.
Encore un au caractère difficile... C'était les chevaux qu'elle préférait. Avec ceux-là, la contrainte était inutile, les ordres inefficaces. Seule la persuasion avait ses chances. La persuasion et la ténacité.
Elle en avait fait l'expérience avec Souffle, qui avait plus d'une fois généreusement rabaissé son amour-propre, à coup de refus, de blocages et d'éjections inattendues.
Remontant sur Mirage, elle suivit l'étalon à distance, puis serra les jambes sur les flancs de la jument. D'un petit trot léger, elle dépassa l'étalon sans lui accorder d'attention excessive et s'arrêta devant la porte, à laquelle elle frappa.
Il ne fallut que quelques secondes à Liam pour lui ouvrir, rassuré.


- Alors, as-tu trouvé ce que tu cherchais ?
questionna le Marchombre.

Shyna descendit de Mirage, passa la porte et s'en écarta, attendant que l'étalon daigne entrer.


- Ce que je cherchais, non. Mais je crois que je ne cherchais pas ce qu'il fallait.
répondit-elle dans un sourire.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

Message par Elawin le Lun 21 Avr - 19:25

[L'épidémie a encore frappé ! Les symptômes empirent... x'D]

La curieuse impression d'être épiés et le mouvement de Nerel n'avaient échappé ni à Nathaël, ni à Isys. Eux aussi avaient ressenti ce sentiment et à l'image d'Irylin, ils n'avaient pas esquissé un mouvement.
Etait-ce une coïncidence si cette présence s'était manifestée juste après le combat, avant de disparaître à nouveau ? Non, le Frontalier et la Faëlle ne croyaient pas au hasard. Dans ce cas... Cet espion devait certainement être le commanditaire de cette attaque, ou du moins, le responsable.
A cette pensée, Nathaël ne put empêcher un demi-sourire de flotter, l'espace d'un instant, sur ses lèvres. S'il avait vu juste, alors l'égo du mystérieux inconnu avait dû prendre un sacré coup en assistant à la défaite de ses hommes.

Isys était arrivée à la même conclusion. Se remémorant le combat, elle reporta son attention sur sa main blessée. La plaie avait déjà séchée et une légère entaille barrait maintenant sa paume.
Si le chef de ces Mercenaires croyait ses talents diminués à cause de cette blessure, il commettait une lourde erreur...

~¤~

Après une longue chevauchée le long de la chaine du Poll, ils arrivèrent dans une combe à l’abri du vent. Le soleil avait depuis peu plongé sous l’horizon et la nuit n’allait pas tarder à étendre son manteau d’ombre sur le paysage.

- Arrêtons-nous là pour ce soir. La nuit sera bientôt là, les chevaux sont épuisés et nous le serons aussi si l’on continue à avancer, proposa Nathaël.

Foudre et sa cavalière firent un rapide tour des lieux puis revint vers le petit groupe.

- Nathaël a raison. D’autant que l’endroit est relativement sécurisé en cas d’attaque. Nos assaillants ne pourront guère nous surprendre et la défense sera plus aisée,
ajouta Isys.

Elle mit pied à terre et avisant un ruisseau, invita sa jument à venir se désaltérer.


--------------------------------------


La jeune cavalière de la jument passa devant lui et alla ouvrir la porte d’Ondiane. Puis après y être entrée, elle s’écarta pour laisser l’étalon faire de même.

Tornade jeta un œil à l’intérieur, aperçut l’homme qui avait porté Eryn puis finalement se décida à entrer.
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Re: Aux Portes de l'Imagination

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